<p>Romain Daubié (SDH/LPI)</p>
Romain Daubié est le maire de Montluel. Il évoque le projet Cap&Co.
Quand a été initié le projet Cap&Co ?
Cela fait très longtemps que la communauté de communes réfléchit sur l’emplacement de ce projet. Elle a acheté les terrains petit à petit. Nous avions conscience de la richesse de cet emplacement, qui est à proximité de la gare, qui elle-même est à un peu plus d’un quart d’heure de la gare de la Part-Dieu. Il s’agissait d’un des derniers endroits plats à proximité d’une telle gare. Nous avons réfléchi sur l’usage de ces terrains, et ce que ne voulions réaliser. Nous ne voulions pas faire de la logistique.
Différents projets ont cheminé. Le plus abouti, c’est cette idée de Business Village. Nous avons, sur le secteur de la Côtière / Plaine de l’Ain, une tradition plutôt logistique. Nous allons passer à une vocation tertiaire, un peu à l’image de la Techlid à Dardilly. Nous nous sommes rendus compte que nous étions proches de la métropole lyonnaise, et qu’il y avait peu de terrains au sein de celle-ci pour les bureaux. Il faut faire quelque chose à valeur ajoutée, afin que chacun trouve sa place, à la fois des emplois non qualifiés en termes de logistique, mais également des emplois qualifiés. C’est une montée en gamme du territoire, une politique que j’applique au niveau local en tant que maire, en arrêtant la construction de logements sociaux et en développant l’accession à la propriété. L’idée, c’est que les gens vivent ici, travaillent ici, et aient leurs loisirs ici. Nous voulons lutter contre les phénomène de cité dortoir propre à certaines communes de l’est lyonnais où les gens vivent, mais ont leur travail et leurs loisirs ailleurs.
Vous avez évoqué dans votre discours les évolutions à venir sur le quartier Bellevue, qui vont permettre de coupler un volet logement à l’accueil de nouvelles entreprises?
Nous développons un quartier à 120 mètres d’ici, également en friche : le quartier de Bellevue. Nous y réalisons une résidence séniors, de l’accession à la propriété, et un pôle médical et paramédical.
Combien d’habitants à terme viendront habiter ce quartier ?
Cela représentera 500 habitants supplémentaires.
Votre position, entre Lyon et Genève, attire-t-elle des entreprises désireuses d’être à proximité de ces deux grandes métropoles?
De plus en plus. Nous sommes à une époque où les échanges se font de plus en plus facilement. Nous échangions auparavant dans nos quartiers. Aujourd’hui, il n’y a plus de limite, plus de frontière par le travail, il y a des échanges qui se font. Genève a un problème de foncier, mais aussi de main-d’œuvre. Ils ne trouvent plus d’emplois qualifiés et de foncier. Il y a donc des vrais relais de croissance : toutes les entreprises cherchent à réaliser de la croissance à l’export. Il faut raisonner global. Et ce qui est vrai pour l’entreprise doit aussi l’être pour l’élu, qui doit avoir cette vision globale. C’est bien pour les acteurs économiques et pour les habitants.
Quel est le temps pour aller à Genève en partant de Montluel ?
Nous sommes à 1h10 de Genève par l’autoroute. Certains habitants de Montluel vont travailler à Genève tous les jours. Une majeure partie des habitants travaillent du côté de Lyon, mais le flux de ceux travaillant à Genève n’est pas à négliger.

