<p>Jacques Chanut (©David Morganti)</p>
La FFB a présenté hier son point trimestriel sur l’activité dans le secteur.
La FFB a fait un point sur l’activité dans le bâtiment hier à Paris. “En ce début 2018, la reprise se poursuit dans le bâtiment. Après une hausse confirmée à près de 5 % en volume l’année dernière, les chiffres disponibles sur les premiers mois de 2018 s’avèrent plus qu’encourageants, malgré des conditions climatiques assez difficiles”, a indiqué Jacques Chanut, le président de la fédération française du bâtiment.
Il a rappelé la nette progression des mises en chantier de logements, de 6,5% en glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2018. Il a également précisé que les surfaces non résidentielles hors locaux agricoles avaient augmenté de 15,7 %. “Plus précisément sur ce dernier champ, on note même une progression de 28,9 % pour les locaux industriels et assimilés, comme au tout début des années 2000, mais aussi de 21,5 % pour les bureaux, ou de 10,6 % pour les bâtiments administratifs. Dans le même temps, les informations sur le marché de l’amélioration-entretien laissent entrevoir un début d’année dans la bonne lignée de la fin 2017”, a-t-il indiqué.
Accélération des embauches
Ceci devrait, selon lui, avoir un impact positif sur l’emploi. La fédération, rappelle-t-il, “avait d’ailleurs fait le pari assez osé d’une nette accélération des embauches au quatrième trimestre 2017. Or, les données récentes du ministère du Travail viennent confirmer cette intuition, avec un solde net de 31.000 postes par rapport au quatrième trimestre 2016. Le bâtiment a donc créé 19.900 postes en moyenne annuelle.” La baisse des demandeurs d’emploi dans la construction est soutenue, selon les statistiques du ministère du Travail, en glissement annuel sur douze mois à fin janvier 2018 (catégories A, B et C): leur nombre recule de 4,8 %, alors qu’il progresse de 2,3 % pour l’ensemble de l’économie. Mais “même en supposant que les 192.000 demandeurs décomptés dans la construction en juin 2007 (au point bas du chômage du précédent cycle d’activité) constituent un plancher incompressible, le nombre de demandeurs d’emploi s’établit toujours à 240.000”, a-t-il précisé.
Cette amélioration sur le marché de l’emploi se traduit toutefois par une hausse de 3,5% de celles-ci en rapportant le quatrième trimestre 2017 au même trimestre de 2016. En outre, à ce premier facteur de hausse des coûts, “vient s’ajouter l’accélération des tarifs des matériaux”. Les coûts associés dans la construction neuve et l’amélioration-entretien ont progressé, respectivement, de 2,7% et 2,3%. Quant à l’indicateur synthétique des prix des produits acier pour le bâtiment, il affiche une augmentation de 14,1 %.
Quelques inquiétudes
La FFB s’inquiète toutefois des ventes de logement en recul. “En maison individuelle, dans le diffus, en glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2018, la chute ressort à 17,4 % ; quant à la promotion immobilière, les ventes du dernier trimestre 2017 s’inscrivent en baisse de 3,8 % sur un an”, souligne Jacques Chanut. Par ailleurs, “le grand flou qui règne autour de la future loi en faveur de la transition énergétique ne rassure guère.” Selon lui, les paramètres de la prime qui doit remplacer le CITE ne sont toujours pas connus, pas plus que l’avenir du RGE ou des formations FEEBAt RENOVE.
A contrario, le projet de loi Elan (évolution du logement et aménagement numérique) devrait, selon lui, faire sentir ses effets positifs à l’horizon de trois ou quatre ans. “Mais entre ces deux dates, le risque est tout simplement le trou d’air, d’autant plus marqué que le NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain) peine à se mettre en place et que le plan « Action cœur de ville » relève encore du projet”, a indiqué le président de la FFB.
La FFB note que les annonces récentes du gouvernement relatives à l’apprentissage et à la formation vont dans le bon sens. Elle a ainsi salué la place prépondérante reconnue aux branches dans la définition des référentiels et le financement au contrat de l’apprentissage, mais aussi l’implication des régions dans l’orientation et dans l’appui aux CFA notamment en territoire rural. Elle salue de même l’instauration d’une péréquation équilibrée en vue de garantir un financement optimal de l’apprentissage, et les mesures de simplification des contrats d’apprentissage. Jacques Chanut salue également “une étape capitale pour la simplification de notre environnement conventionnel de branche en ouvrant à signature les conventions collectives nationales des ouvriers du Bâtiment rénovées”.
