<p>Olivier Torrès (SDH/LPI)</p>
Le professeur Olivier Torres, fondateur du premier observatoire de la santé des travailleurs non-salariés, Amarok, intervenait la semaine dernière à la CAPEB du Rhône.
La Capeb Rhône organisait, la semaine dernière, un séminaire dédié au burn out. Les artisans du bâtiment sont particulièrement touchés par le phénomène, avec des semaines de plus de 50 heures pour 60% d’entre eux (et même au-delà pour 23%), un travail le week-end de plus en plus systématique, et des vacances en moyenne d’une semaine par an… Les artisans font face à un rythme de travail intense, et à de nombreux facteurs de stress dont des charges administratives, le manque de visibilité sur l’avenir, et la multiplication des normes. Ces facteurs sont en outre aggravés par un sentiment de solitude et un faible suivi médical.
Ouvert également à ses permanents et ses élus, l’objectif de ce séminaire était, pour la CAPEB, de sensibiliser dirigeants et conjoints aux risques professionnels et plus particulièrement aux facteurs de stress, et d’aider à mieux identifier les situations d’épuisement au travail, voire de détresse, et d’accompagner leurs adhérents qui pourraient se trouver en difficulté.
Le coût du stress est à l’origine de plus de 50% de l’ensemble des journées de travail perdues, et représente près de 20% du budget de la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité Sociale. Le coût social en France de la souffrance en milieu professionnel atteint 8% du PIB.
« De façon générale, les femmes semblent les plus fragiles mais, tout particulièrement dans les métiers du bâtiment, ce sont les chefs de TPE-PME qui apparaissent les plus touchés (source Cnam – TS) », indique la CAPEB. Une étude produite il y a un an par la confédération affirmait déjà que « 46% des petits patrons pensaient avoir fait ou avoir été proches d’un burn out ».
Un test dans trois Capeb départementales
Ce séminaire est actuellement testé dans trois Capeb départementales, dont le Rhône mais aussi en Île de France. Il devrait être étendu dans toute la France au sein d’un dispositif préventif systématique.
Confié à Olivier Torrès, professeur en management à l’université Montpellier 1 et président-fondateur d’Amarok, premier observatoire de la santé des travailleurs non-salariés, il vise plusieurs objectifs, à savoir la promotion de la prévention et la gestion de la santé au travail des chefs d’entreprises, et la connaissance, l’identification et la prévention des risques professionnels spécifiques aux chefs d’entreprises et artisans du bâtiment. Parmi les autres buts ciblés on trouve également le développement du bien-être des artisans, de leur performance au travail, ainsi que l’apport d’une méthodologie et d’outils concrets pour les aider dans leur quotidien.
Cette initiative est menée en partenariat avec la Mutuelle Garance et IRIS – ST (institut de recherche et d’innovation sur la santé et la sécurité au travail).
» «Plus la taille d’une entreprise est petite, plus la santé du dirigeant est importante»
