<p>Jacques Chanut, président de la FFB (DR)</p>
La fédération du bâtiment attend des évolutions notables sur la réforme de la formation professionnelle lors du débat parlementaire.
Le rapport de la formation professionnelle, présenté vendredi, a été salué dans la foulée par la fédération du bâtiment. Celle-ci souscrit totalement aux objectifs de renforcement de l’apprentissage, de simplification pour les entreprises et de développement des compétences.
Pour elle, le texte comprend des mesures assez satisfaisantes pour le secteur, à l’image de l’alignement du temps de travail maximum des apprentis mineurs sur celui de leurs maîtres d’apprentissage, de l’assouplissement des modalités de ruptures du contrat d’apprentissage, du financement assuré de tous les contrats d’apprentissage, et de la contribution formation unique pour les entreprises, qui s’inscrit en baisse pour les moins de 250 salariés.
Des réserves
Mais la FFB se veut toutefois plus mesurée sur un certain nombre de points. Elle regrette ainsi que ce projet de loi conduise à renforcer le rôle de l’Etat dans le pilotage du système, notamment avec une collecte des contributions formations confiée aux URSSAF corrélée avec la création d’une agence nationale « France compétences ». Pour l’organisation, cette centralisation laisse présager des marges de manœuvres réduites pour les branches.
Des inquiétudes se font également jour sur un certain nombre de points au sein des entreprises, en particulier en ce qui concerne le déroulement de la période transitoire, les capacités de financement de la formation continue des salariés ou encore l’équilibre financier à terme des CFA (centre de formation des apprentis).
Le secteur du bâtiment formant nombre d’apprentis - 60.000 actuellement - ce manque de visibilité risque de générer un attentisme préjudiciable au développement de l’apprentissage et de la formation. « L’effet est déjà à l’œuvre avec l’annonce du désengagement de certaines régions de nombreux projets de financement de CFA ». Pour Jacques Chanut, le président de la FFB, « cette réforme se veut ambitieuse. Il faut donc veiller à ce que les conditions de mise en œuvre soient réalistes, sans confondre vitesse et précipitation ».
