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Alain Chapuis, référent national accessibilité au sein de la fédération française du bâtiment, a partagé sa journée de travail avec Julien Denormandie dans le cadre de Duoday.
Julien Denormandie, ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, chargé de la ville et du logement, a invité le 16 mai dernier Alain Chapuis, le référent national accessibilité au sein de la fédération française du bâtiment (FFB), à partager sa journée de travail dans le cadre de « Duoday ». Ce fut ainsi l'occasion pour le dirigeant d'une menuiserie implantée dans la Loire, par ailleurs lui-même en situation de handicap, et référent prévention-accessibilité de la FFB Auvergne Rhône-Alpes, « d'aborder les questions liées à l'accessibilité des logements et l'intégration de personnes en situation de handicap au sein des entreprises du bâtiment », note la fédération dans un communiqué.
Le « DuoDay », est une journée « vis ma vie » organisée chaque année dans toute l'Union européenne, qui a permis la formation de 13.000 duos en France entre des personnes en situation de handicap et des professionnels volontaires dans de nombreuses entreprises, collectivités ou associations. L’objectif d’une telle journée est de poser des jalons pour avancer en matière d'inclusion, alors que le taux de chômage des personnes handicapées est deux fois supérieur à la moyenne nationale.
C'est le ministère du logement qui a pris contact avec Alain Chapuis pour lui proposer de vivre une journée aux côtés de Julien Denormandie. « J'ai tout particulièrement apprécié l'accueil simple du Ministre, qui m'a permis d'assister à l'ensemble des rendez-vous de sa journée. Une belle occasion de découvrir ses problématiques quotidiennes et d'échanger librement, en particulier pendant nos déplacements en voiture entre chaque rendez-vous », a indiqué Alain Chapuis, qui compte bien associer la FFB à la prochaine édition de DuoDay 2020. Quatre autre membres du gouvernement ont formé un tel duo au cours de cette journée. Tous se sont retrouvés au restaurant les Petits Plats de Maurice (photo) dans le XIème arrondissement de Paris, géré par l'Association pour l'insertion et la réinsertion professionnelle et humaine des handicapés (ANRH).
Alain Chapuis s'est réjoui des révisions de la loi ELAN, votée en novembre dernier. « Alors que certaines associations représentant des personnes handicapées militaient pour l'obtention de 100% de logements accessibles pour toute nouvelle construction, nous avons pu alerter sur les effets pervers d'une telle mesure, qui auraient considérablement augmenté le coût de la construction et empêché nombre de primo-accédants de devenir propriétaires de leur logement. C'est pourquoi le taux de 20% nous est apparu plus équilibré, d'autant que les handicaps moteurs ne représentent qu'une partie des situations de handicap en France », affirme Alain Chapuis.
"La meilleure manière de vivre ensemble passe par l'intégration au travail"
Ce dernier estime que sa double casquette de chef d'entreprise en situation de handicap a contribué à porter un message équilibré au nom de la FFB. Même satisfaction quant à l'obligation d'installer un ascenseur pour toute construction à partir de deux étages. « Je le redis haut et fort : nous parviendrons à créer une vraie société inclusive si l'on arrive à vivre ensemble. Et pour une personne handicapée, la meilleure manière de vivre ensemble passe par l'intégration au travail ! », assure Alain Chapuis.
Dans son entreprise de menuiserie, qui salarie 9 personnes, deux sont en situation de handicap sur site. Elle collabore avec deux ESAT, et le DuoDay a lieu chaque jour de l’année. « Dans cette perspective, nous contribuons à la bonne application de la loi d'obligation d'employer 6% de travailleurs handicapés aux entreprises de plus de 20 salariés tout en n'oubliant pas les contraintes de quelques-uns de nos métiers, qui ne permettent pas l'intégration de certains profils de handicap », assure-t-il.
En Auvergne Rhône-Alpes, la profession du bâtiment met en œuvre la mission HandiBTP qui accompagne et conseille depuis près de 25 ans les entreprises du bâtiment dans les projets de reclassement de personnes ayant subi un accident du travail ou de vie nécessitant un changement d'activité professionnelle.
Soutenue par la délégation régionale AGEFIPH et les 11 fédérations départementales de BTP d'Auvergne Rhône-Alpes, la mission HandiBTP accompagne chaque année près de 250 salariés du bâtiment en situation de handicap pour leur maintien dans l'emploi. « L'Agefiph nous finance par exemple des pré-diagnostics pour aider les entreprises à identifier un besoin d'accompagnement lié au handicap ou à l'inaptitude » a indiqué Alain Chapuis. Ce dernier cite ainsi l'exemple de l'entreprise Blanchard, ayant reclassé un maçon à la suite d'un accident du travail, en lui permettant de devenir tailleur de pierres. L'entreprise a alors pu proposer une nouvelle activité à ses clients.
