<p>Gaël Perdriau (SDH/LPI)</p>
Le maire de Saint-Etienne et président de la Métropole veut prendre « un peu de temps », afin de dissiper certaines inquiétudes. Selon lui, il est indispensable de surseoir à l’adoption de la fusion.
Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, a adressé un courrier aux présidents des universités de Saint-Etienne et Lyon, Michèle Cottier et Khaled Bouabdallah, afin de leur indiquer qu’il était en l'état actuel, indispensable de surseoir à l’adoption de la fusion des universités.
Le maire note que l'Université de Saint-Etienne constitue un atout majeur du développement territorial de la métropole stéphanoise. « La qualité de ses enseignements, ainsi que sa variété, permettent d'attirer, chaque année, de plus en plus d'étudiants, aujourd’hui au nombre de 26.000 », constate l’élu. « Elle constitue aussi, pour l'ensemble des acteurs socio-économiques privés et publics, un véritable pôle d'excellence avec lequel ils ont développé, au fil du temps, des liens de collaboration forts et vivaces », souligne-t-il.
L'IDEX, opportunité majeure
Selon lui, le projet IDEX présente pour elle une opportunité majeure, celle de donner naissance à un pôle universitaire de niveau mondial, clairement identifié, offrant une gamme étendue de formations.
« Vous avez pu mesurer, dans ce contexte, tout le soutien de Saint-Etienne Métropole quant à la création de l’université cible qu’il prévoit, et je vous suis reconnaissant d'avoir tout mis tout en œuvre pour construire ce projet avec l'ensemble des acteurs concernés. Aujourd'hui, nous entrons dans une phase de finalisation qui vient clore ce long processus où les services de tous les établissements d'enseignement supérieur, ont été mis à contribution afin de permettre aux décideurs que nous sommes d'éclairer nos choix ».
Il note en outre que le conseil d'administration de l’Université Jean Monnet programmé le 16 décembre prochain « revêt, à ce titre, une importance extrême », car il lui appartiendra d'entériner les statuts de la future structure qui devra coordonner les efforts des universités Lyon I et Lyon III ainsi que de l'Ecole Normale Supérieure de Lyon et, bien entendu, de l'Université Jean Monnet.
« A ce sujet, j'ai pris connaissance du projet de statuts que vous avez élaboré et qui servira de support aux échanges. Je souhaite réagir à la méthodologie employée qui n'a pas offert, d'après mes informations, toutes les chances aux collectivités locales de débattre du projet de texte. De ce processus, à mon sens quelque peu tronqué, découlent de nombreuses interrogations que je souhaite partager avec vous. Ainsi, le document d’orientation stratégique, qui a servi de base pour la rédaction des statuts, prévoit en particulier en son livre 1 que ‘l‘organisation en campus à Saint-Etienne permet de prendre en compte les spécificités du territoire de Saint-Etienne et notamment (…) la contribution majeure des formations de niveau master et des forces de recherche bien identifiées au développement économique local’. Or, le projet de statuts ne fait qu’indiquer, en son article 24, que ‘l’ensemble des pôles de formation et de recherche et l’école universitaire de premier cycle se déploient sur le campus’ », note Gaël Perdriau.
Les formations pour l'obtention d'un Master ou d'un Doctorat "essentielles"
Les formations conduisant à l'obtention d'un Master ou d'un Doctorat étant selon lui essentielles pour l'avenir économique et l’attractivité du territoire stéphanois, tout comme pour assurer une égalité d’accès pour tous à ces diplômes, il lui paraît fondamental de mentionner très clairement, dans le chapitre spécifique des statuts consacré à Saint-Etienne, « l'engagement de préserver cette offre d'enseignement supérieur ainsi que les liens qu'elle a tissés, au fil du temps, avec les acteurs socio-économiques locaux des secteurs privé et public».
En outre, le maire de Saint-Étienne souhaite que la fusion des universités des deux territoires se traduise dans le nom de l’Université. « Le nom de la future entité doit clairement faire apparaître les deux villes qui s’inscrivent dans le projet. A l'heure où nous souhaitons construire, avec M. David Kimelfeld, autant de ponts que nécessaires entre nos deux métropoles, au sein du vaste Pôle Métropolitain, l'absence de toute référence à la ville de ‘Saint-Etienne’ me semble être un très mauvais signal délivré à l'ensemble des partenaires extérieurs de notre aire métropolitaine ».
Il attire en outre l’attention des présidents sur « l'impérieuse nécessité » de veiller à une représentativité « aussi équitable que possible dans toutes les instances dirigeantes du projet afin que chacun puisse faire entendre les spécificités de son territoire et soit assuré de les voir analysées et intégrées dans les processus de décision ».
En l’état actuel des choses, il est selon lui « indispensable, en conclusion, de surseoir à son adoption car trop de questions sont encore à résoudre. La sagesse réclame que l'on prenne encore un peu de temps afin de construire, ensemble, les réponses concrètes qui permettront de dissiper ces inquiétudes, et à défaut desquelles il est à craindre que la Ville de Saint-Etienne et Saint-Etienne Métropole soient dans l'incapacité de l’adopter (…) ».
