<p>Jean-Marc Torrollion (SDH/LPI)</p>
La fédération a sensibilisé le gouvernement sur la situation des agences immobilières de montagne.
La fédération nationale de l’immobilier, la FNAIM, a alerté sur les conséquences de la crise de la Covid-19 sur la filière des agences immobilières, impactées elles aussi par la fermeture des remontées mécaniques et la mise à l’arrêt quasi complet des stations de sport d’hiver. « C’est toute l’économie de ce secteur qui subit une chute drastique. Les agences immobilières pratiquant la location saisonnière n’y échappent pas », souligne la fédération dans un communiqué.
Si le gouvernement a élargi le périmètre d’action du « Fonds de solidarité Montagne », une grande partie des agences immobilières en stations de ski, s’en trouvent toujours exclues, note la Fédération , ce qui met « leur survie en péril ». La FNAIM, par la voix de son président, Jean-Marc Torrollion, a adressé un courrier au secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Tourisme, des Français de l'étranger et de la Francophonie, Jean-Baptiste Lemoyne.
La branche administration de biens durement impactée
C’est notamment, la branche administration de biens des territoires de montagne qui est très durement impactée face à cette rupture totale d’activité. « C’est la viabilité globale de ces entreprises qui est en jeu. Cette chute de chiffre d’affaires bouleverse l’équilibre économique de ces TPE-PME qui assurent 21% de la commercialisation des lits touristiques de la première destination mondiale de ski », indique la FNAIM.
« Ces agences pratiquant la location saisonnière sont des acteurs majeurs du tourisme des stations de montagne. Au-delà des données brutes, ces agences sont appréciées pour leur implication dans la vie économique des vallées et des stations et reconnues pour leur performance sur les lits chauds, c’est-à-dire leur capacité à assurer le remplissage des lits. Plus qu’un simple maillon économique, ce sont des acteurs de terrain, de proximité, qui font vivre au quotidien ces territoires. Les agences immobilières assurent 7,4 millions de nuitées, soit 40% des nuits du secteur diffus. Mais pour assurer cette activité, elles ont des équipes ; des locaux dédiés. » précise Jean-Marc Torrollion.
La FNAIM alerte les pouvoirs publics. Sans soutien complémentaire, le risque est de voir disparaître l’activité de location saisonnière, telle que pratiquée par des professionnels français, qui créaient jusque-là de l’emploi non délocalisable. « Cela compromet l’existence même de 30% de nos agences situées dans ces territoires, ouvrant grand ce secteur aux grandes plateformes de location. » s’inquiète Jean-Marc Torrollion.
Demande d’extension du périmètre des aides
La FNAIM salue néanmoins l’action du Gouvernement, et notamment la mobilisation du Fonds de solidarité Montagne qui a permis d’aider une partie de ces agences. Mais il souhaite une extension de celui-ci. « Toutefois, compte tenu des règles qui ont été fixées pour l’accès à ce fonds, toutes n’y ont pas eu accès», précise Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM.
« La plupart de nos entreprises sont pluriactivités : elles pratiquent, outre leur activité de location saisonnière, les métiers de syndic et de transaction. La branche location saisonnière représente 58% de leur chiffre d’affaires de gestion locative, mais seulement 12,8% du chiffre d’affaires global. Je le rappelle, en leur qualité d’agences immobilières, elles sont exclues des autres dispositifs de soutien, par exemple l’exonération de charges dont bénéficient tous les acteurs du tourisme… Et je ne le conteste pas. Mais la condition de perte de 50% de chiffre d’affaires, qui conditionne l’éligibilité des entreprises au fonds de solidarité montagne ou au dispositif de chômage partiel spécifique, laisse encore de côté beaucoup d’entreprises qui sont désormais très fragiles, car la perte de chiffre s’apprécie de façon globale. »
La FNAIM propose trois méthodes alternatives
« Notre message au Gouvernement est très clair. Il faut, d’une manière ou d’une autre, mettre en place un dispositif qui permettra de sauver un pan entier de notre économie touristique. Sans cela, ces centaines d’entreprises risquent de mettre la clé sous la porte » alerte Jean-Marc Torrollion.
« Comment expliquer aujourd’hui à nos professionnels qu’ils sont les seuls acteurs du tourisme exclus du dispositif créé pour soutenir les acteurs du tourisme ou dépendant du tourisme ? » s’interroge le Président de la Fédération nationale de l’Immobilier.
La FNAIM, face à ce contexte, presse le gouvernement « de reconsidérer l’approche de ses adhérents, pour les inclure dans des dispositifs de soutien renforcés (chômage partiel, exonération de charges sociales, financement des charges fixes liées aux bureaux situés dans les stations de ski) ».
Trois méthodes alternatives ont été proposées, avec tout d’abord l’ajout de la gestion de la location saisonnière à la liste des entreprises dont l’activité est soumise à des restrictions mises en place par l'État pour lutter contre les effets du Covid-19. A défaut, il s’agirait de les rendre effectivement éligibles aux aides prévues pour la Montagne, en prenant en compte leur seul chiffre d’affaires réalisé en location saisonnière. Enfin, en dernier recours et si les intégrer à des dispositifs généraux est trop complexe, la FNAIM demande à l’État de sensibiliser ses agences dans ces territoires de montagne afin que soient étudiés avec tolérance, et au cas par cas, les dossiers de ces entreprises, en prenant en compte leurs spécificités.
Préparer dès aujourd’hui la relance de demain. Ces professionnels seront demain des moteurs de la relance de ces territoires, du tourisme, de la rénovation énergétique des immeubles des stations de ski du Plan Neige (un chantier majeur). C’est un engagement de la FNAIM. Mais aujourd’hui, ils ont besoin du soutien de l’État, quand c’est bel et bien l’État qui empêche leur activité », conclut la fédération.
