<p>(© Lyon Confluence)</p>
Ce passage sous l'échangeur de Perrache, qui a pris le nom d’une grande héroïne lyonnaise de la Résistance, permet une meilleure liaison entre la place des Archives et la place Carnot.
La phase 1 du projet « Ouvrons Perrache » s’est achevée ce lundi avec l’ouverture d’une nouvelle liaison dédiée aux modes actifs, le « passage France Péjot », et ce après plus de 3 ans de travaux. Cette ouverture intervient après l’aménagement de la place des Archives, l’ouverture d’un nouvel accès à la gare SNCF côté Sud, mais aussi après le prolongement du tramway T2 jusqu’à l’arrêt Montrochet-Hôtel de Région.
Ce passage, qui était auparavant une étroite voie routière, a connu une véritable métamorphose pour devenir un espace apaisé et sécurisé réservé aux piétons et cyclistes. Ceci permet ainsi aux modes actifs, piétons et vélos, de passer sous l’échangeur de Perrache, et d’accéder rapidement aux deux places, la place Carnot ou la place des Archives.

En clair, la coupure urbaine au niveau 0 de l’échangeur a disparu, et il est désormais possible pour le passant de marcher de l'une à l'autre des places sans monter à l’un des étages du pôle de Perrache, ce qui était auparavant impossible. Pour leur part, les véhicules qui empruntaient le passage jusqu’à l’été 2018 utilisent dorénavant des itinéraires de substitution.
Concernant le passage, la voûte comprend une large piste cyclable de 4 mètres - ponctuellement élargie au droit de la partie centrale et de l’accès livraison du centre d’échanges - et un large trottoir de 3.5 mètres pour les piétons et les personnes à mobilité réduite.
Un espace à ciel ouvert à mi-parcours
L’aménagement du passage a permis la création d’un espace à ciel ouvert à mi-parcours grâce à une percée directe sur la place Carnot, à la faveur de la déconstruction de bureaux situés dans le Centre d’Echanges, menée par Gautier+Conquet architectes. Un espace à ciel ouvert a ainsi pu être créé, celui-ci étant bordé par une placette, avec une vue sur les jardins de Perrache et le Château Perrache. Sur cette placette, auparavant occupée par les voitures, des arbres ont été plantés : érable champêtre, érable de Montpellier, sorbier des alpes, cormier, tilleul à petites feuilles. Le parti pris ambitieux en matière d’éclairage permet en outre au passage France Péjot de faire la part belle à la lumière. Une immense fresque a en outre été réalisée par les artistes de Cité Création, qui ont investi les murs, rendant ainsi hommage à l’architecture lyonnaise, aux paysages et à la mobilité.

« Grâce à ces aménagements, Perrache devient plus confortable, permettant de passer rapidement et sans contrainte du tramway au train, du train au métro, du métro au vélo et de répondre à l’accroissement du nombre d’usagers et de voyageurs », notent la Ville de Lyon, la Métropole de Lyon, et la SPL Lyon Confluence.
France Péjot, une héroïne lyonnaise de la Résistance
Le passage a été inauguré lundi en présence de Bruno Bernard, président de la Métropole, de Grégory Doucet, maire de Lyon, et de Jean-Michel Jarre, fils de France Péjot, une héroïne lyonnaise de la Résistance.
Inauguration du Passage France Pejot, grande résistante, avec son fils @jeanmicheljarre.
— Bruno Bernard (@brunobernard_fr) July 12, 2021
Une ouverture sous Perrache dédiée aux modes actifs pour relier le sud au nord de la Presqu'île. Une réussite architecturale.
#OuvronsPerrache pic.twitter.com/GYSLBi65uS
France Péjot, dite Francette, avait rejoint en janvier 1942, le mouvement de résistance Franc-Tireur comme agent de liaison, et était devenu la secrétaire du chef de ce mouvement Jean-Pierre Lévy. Son appartement place des Jacobins et sa boutique rue Emile Zola sont une des bases du réseau.
Le 24 octobre 1942, elle est arrêtée, avec sa collègue et amie Micheline Eude-Altman et emprisonnée jusqu’en février 1943 à la prison Saint-Joseph de Lyon réservée aux femmes. À la fin de la même année, elle échappe à l’arrestation de la milice et rejoint Paris où plusieurs membres dirigeants du réseau Franc-Tireur se sont réfugiés. Elle devient un de leurs agents de liaison.
Le 30 juin 1944, elle est arrêtée par Friedrich Berger de la police allemande et elle est déportée par le dernier convoi du 25 août vers le camp de concentration de Ravensbrück. Lorsqu’en avril 1945, le camp est évacué, France parvient à s’échapper dans un bois vers le centre de rapatriement de Leipzig d’où elle retourne en France en voyageant sur le toit d’un wagon. En 1946, elle donne naissance au futur musicien Jean-Michel Jarre, fruit de son union avec le compositeur Maurice Jarre.

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