<p>Michèle Picard (SDH/LPI)</p>
Le Tribunal Administratif a décidé de suspendre les arrêtés pris par Michèle Picard, maire de Vénissieux, qui interdisaient les expulsions locatives.
Chaque année, à l’occasion de la fin de la trêve hivernale, les expulsions locatives sont de nouveau autorisées pour les bailleurs. Et tous les ans, Michèle Picard, maire de Vénissieux, prend des arrêtés interdisant les expulsions locatives sans solution de relogement, les coupures d'électricité et de gaz, les saisies mobilières.
Le Tribunal Administratif a annoncé suspendre ces arrêtés interdisant les expulsions locatives. Ceci a fait réagir l’édile.
« Jeudi dernier, à l’occasion de l'audience en référé devant le Tribunal Administratif de Lyon, je défendais mes arrêtés interdisant les expulsions locatives sans solution de relogement, les coupures d'électricité et de gaz, les saisies mobilières, pris sur le territoire communal le 31 mars 2022. Le Tribunal Administratif vient d’ordonner leur suspension, considérant que je ne pouvais pas justifier, et ce malgré une situation économique, sociale et sanitaire dégradée, de l’imminence des risques encourus pour prendre de tels arrêtés. Pourtant, les crises successives ont fait basculer de nombreuses personnes dans la spirale de l’exclusion. Pour ces ménages à bout de souffle, le quotidien devient insoutenable. Confrontées à un accident de la vie, ces familles voient, du jour au lendemain, leur vie basculer dans la précarité. Dépassées par des difficultés qui s’accumulent, culpabilisées, elles ne sont plus en capacité de réagir, et n’ont pas toujours recours aux aides auxquelles elles peuvent prétendre. »
Michèle Picard
L’élu craint une explosion des expulsions locatives est à craindre, ce qui confirmé par les associations de solidarité.
« Au vu de la crise sociale sans précédent que nous traversons, il est inconcevable de rajouter de la misère à la misère, d’autant qu’après l’expulsion, le rouleau compresseur continue. Face à ces problématiques, les politiques nationales, censées répondre à l’urgence sociale, sont bien loin du compte ! La lutte contre la pauvreté est un impératif national, fondé sur le respect de la dignité humaine. »
Michèle Picard
Soutien aux ménages les plus fragiles
Elle justifie ainsi cette décision par un soutien aux ménages les plus fragilisés par la crise actuelle.
« En tant que maire, il est de ma responsabilité de soutenir les ménages les plus fragiles. Il est de mon devoir de protéger la population, notamment face à l’usage de moyens de substitution d’électricité et de gaz. C’est le sens de mon action. Un acte de solidarité pour refuser l’inacceptable, la pauvreté et l’injustice. Un acte citoyen, pour faire bouger les lignes face à une situation de plus en plus dramatique pour des millions de nos concitoyens. Un combat pour que chacun ait accès aux droits fondamentaux, inscrits dans notre Constitution. »
Michèle Picard
Michèle Picard, qui mène cette bataille juridique depuis 12 ans, indique qu’elle continuera son action « pour que des solutions justes et humaines soient trouvées, face à l’exclusion » et qu’elle continuera « à défendre la dignité humaine pour chaque homme, chaque femme, chaque enfant ».
