<p>Fabienne Buccio (SdH/LPI)</p>
Le maire d’Oullins-Pierre-Bénite a exprimé ses inquiétudes sur l’extension de l'usine Daikin Chemical France. La préfecture lui a répondu en lui suggérant de «préférer la confiance et la transparence aux effets médiatiques».
Jérome Moroge, maire d’Oullins-Pierre-Bénite, s’est exprimé ce jeudi sur l’extension de l'usine Daikin Chemical France, qui suscite selon lui des inquiétudes dans la population.
« L'extension de l'usine Daikin Chemical France, approuvée par autorisation préfectorale, suscite, à juste titre, de vives interrogations parmi les habitants et interpelle fortement la municipalité. En mars 2021, la Ville a accordé un permis de construire pour cette extension. Il s'agissait d'une décision administrative limitée à des considérations urbanistiques et rendue bien avant la révélation de la pollution aux perfluorés (PFAS) sur le territoire communal. Aujourd'hui, j'estime que la situation a drastiquement changé et exige une réévaluation urgente. »
Jérôme Moroge
La Ville dénonce une « gestion contradictoire de la pollution ». Pour lui, « il est incohérent d'approuver de nouveaux rejets de PFAS tout en imposant un périmètre de sécurité autour du site industriel en raison de la dangerosité de ces substances ». « C'est pour moi une approche inconcevable et inacceptable », affirme-t-il.
Pour lui, l’extension de Daikin aurait dû être classée comme une « modification substantielle», ce qui aurait entraîné la demande d'une nouvelle autorisation environnementale. Cependant, « cette classification n'a pas été appliquée par les autorités », note l’élu.
« Les rejets atmosphériques de PAS, même limités, doivent être évalués dans le contexte d'une contamination historique déjà préoccupante. L'absence d'une nouvelle étude d'impact et d'une enquête publique est incompréhensible. Ce sont en effet des procédures essentielles pour garantir la sécurité des résidents. »
Jérôme Moroge
Le maire de la commune dénonce des mesures préfectorales insuffisantes, en pointant le délai de 36 mois dont dispose Daikin pour proposer un plan de substitution des PFAS, selon l'arrêté préfectoral.
«Je juge cette période excessive. Ce délai ne garantit pas une cessation rapide et effective de l'utilisation de ces substances. Par ailleurs, la possibilité pour Daikin de continuer à utiliser les PFAS en invoquant des difficultés techniques ou économiques contredit les tendances réglementaires actuelles et le principe de précaution. Cela interpelle puisque l'usine voisine d'Arkema est soumises à des restrictions plus sévères.»
Jérôme Moroge
L’élu fait ainsi un certain nombre de requêtes à la préfète.

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