Quelles sont les principales conséquences de la hausse des taux de l’OAT 10 ans sur le marché immobilier ? L’impact principal réside dans une augmentation des prêts et une plus grande prudence des banques.
Les principales conséquences de la hausse des taux de l’OAT 10 ans sur le marché immobilier résident dans une augmentation des prêts et une plus grande prudence des banques dans le financement des ménages.
Un impact sur les taux des prêts
Le rendement de l'OAT 10 ans est le principal indicateur suivi par les banques pour déterminer leurs barèmes de crédit immobilier à taux fixes. Or le prêt à taux fixe représente un peu plus de 90 % de l'ensemble des prêts. Les établissements financiers empruntent en effet de l'argent sur les marchés financiers pour le prêter par la suite aux ménages souhaitant acquérir un bien immobilier. Une hausse des taux de l'OAT 10 ans se traduit en général par un relèvement des barèmes de taux de crédit immobilier dans les semaines ou les mois qui suivent.
Or, la hausse des taux des obligations d’Etat à 10 ans, quel que soit le pays, est la conséquence d'une baisse des obligations d'État. Plus celles-ci sont risquées, plus leur rémunération est, en effet, élevée. En cas de risque important de défaut d'un pays, les taux peuvent ainsi atteindre les 18 %, comme c'est le cas en Grèce actuellement.
Cette hausse des taux obligataires pèse ainsi indirectement sur les ménages souhaitant emprunter pour acquérir un bien immobilier, en augmentant leurs mensualités, et en diminuant leur solvabilité. En effet, les taux longs ont en général une influence directe sur les taux des prêts à taux variables, et les taux courts ont, eux, un impact sur les prêts immobiliers à taux fixes. De ce fait, des taux trop prohibitifs peuvent bloquer le marché immobilier, comme c'est le cas actuellement au Portugal, en Irlande, ou en Grèce, qui ont vu des baisses de prix importantes dans les deux dernières années.
Des banques plus prudentes
L'augmentation des taux des obligations d'État peut également avoir pour conséquence de rendre plus frileuses les banques. En effet, les difficultés de financement des Etats – et des ménages - consécutives à une hausse des taux conduit souvent à des coupes budgétaires, qui, à court terme, se traduit par un impact en termes de croissance dans le pays. Cette situation accroît le risque emprunteur. Du coup, les banques se montrent plus strictes en termes de gestion des risques, et donc de conditions d’octroi des prêts.
Au final, on peut dire que l’augmentation des taux longs est en général une mauvaise nouvelle pour les emprunteurs. Du coup, l’actuelle stabilité des taux de l’OAT en France peut être considérée comme un facteur positif pour le marché immobilier. Pour l’instant…
