Les deux principaux organismes du 1% logement dans le Rhône sont remontés alors que l'Etat souhaite prolonger jusqu'en 2014 les sommes collectées depuis 2004, pour financer l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) et l'Agence nationale pour l'habitat (Anah).
Leur message est clair : pour Entreprises-Habitat et Amallia, les deux principaux organismes du 1% logement à Lyon, si l’Etat continue à ponctionner 70% des sommes collectés, ils seront bientôt contraints de refuser des aides aux salariés qui le demandent.
Collecté auprès des entreprises de plus de 20 salariés, le 1% logement finance des prêts à taux réduits (travaux ou accession à la propriété), mais aussi des locations en accès prioritaire. Un dispositif qui a permis à Amallia de réunir 38 millions d'euros dans le Rhône en 2010, et de venir en aide à 11.000 personnes sur les 400.000 bénéficiaires potentiels.
Mais depuis 2004, l'Etat ponctionne 70% des sommes collectées pour financer l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) et l'Agence nationale pour l'habitat (Anah).
Là ou le bat blesse c’est que l’Etat avait conçu le dispositif à titre "provisoire" sous la houlette du ministre du logement Jean-Louis Borloo. Il souhaite désormais prolonger le dispositif jusqu'en 2014. Un projet qui provoque une levée de bouclier de l’ensemble des partenaires sociaux.
Le Medef Ile de France est monté au créneau. Selon l’organisation patronale francilienne, le nouveau prélèvement de 3,2 Mds€ pour la période 2012-2014, qui succède aux 3,682 Mds€ prélevés entre 2009 et 2011 pour financer l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah) et l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (Anru) est inacceptable car il détourne le 1% de sa vocation originelle, à savoir la production de logements accessibles par les salariés, et l’accompagnement de leur mobilité professionnelle. Le Medef s’appuie sur des chiffres : les bénéficiaires du dispositif sont passés de 1 million en 2006 à 632 000 en 2010. « Si l’Etat va jusqu’au bout de sa démarche, il menacera la moitié du financement du programme de logements sociaux pour les trois années qui viennent : un coup dur porté à toute l’industrie du bâtiment et du logement social notamment en Ile-de-France, région en pleine crise du logement (380 000 demandeurs en 2010) », précise le Medef Ile-de-France.
