Le changement de majorité au Sénat a fait réagir plusieurs professionnels de l’immobilier, dont Raymond le Roy Liberge, président du groupe Les Provinces, et François Gagnon, Président de ERA Europe.
Le passage du Sénat à gauche va-t-il avoir des conséquences sur l’immobilier. Avec l’élection sénatoriale qui a vu la chambre haute passer à gauche pour la première fois dans l’histoire de la cinquième république et l’élection de Jean Paul Bel à sa présidence, la Gauche détient désormais un puissant levier législatif. Pour autant, est-ce que cette situation pourrait avoir une incidence sur le secteur immobilier ? Raymond le Roy Liberge, président du groupe de promotion immobilière Les Provinces a récemment publié une note sur le sujet dans lequel il explique les différences fondamentales entre droite et gauche sur le thème de l’immobilier et du logement.
Pour lui la gauche est traditionnellement plus attachée à l'aide à la pierre et à la construction HLM, et défend pas de manière inconditionnelle l'accession à la propriété. En revanche, elle soutient historiquement l'accession sociale à la propriété et a pris fait et cause pour la mixité décrétée, via l’imposition d’un quota de 20 % de logements sociaux dans les communes de plus de 3500 habitants.
Vers des conséquences sur les biens de luxe ?
Selon Raymond le Roy Liberge, elle est plutôt favorable à la décentralisation des décisions d'urbanismes et de financement, dans une certaine mesure. Elle se méfie de la densification des villes, et n'a pas de discours catégorique contre la maison individuelle et l'étalement » analyse le président du groupe les Provinces. Il note en outre que la gauche veille plus que la droite « à stabiliser l'équilibre entre professionnels, notamment grandes enseignes de l'immobilier, de la banque et de l'assurance, et particuliers ».
Voilà pour l’analyse. Concernant les conséquences, le président d’Era France et d’Era Europe, François Gagnon prédit lui une possible fuite de la clientèle étrangère, et une moindre attractivité des biens de luxe, si le basculement à gauche du Sénat venait à être suivi d'autres victoires de la gauche. Cette possibilité accréditerait selon lui l’hypothèse de changement de règles fiscales et financières, ce qui pourrait avoir des conséquences sur le marché immobilier, qui « en perdrait de son souffle, notamment en termes d'espoir de plus-values et de fluidité, mais aussi en termes d'imposition de la propriété ».
