Deux opérations spéciales de prêt aux banques sur 1 an vont être lancées par l’institution. La BCE n'a en revanche pas baissé ses taux directeurs.
Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a, pour sa dernière réunion de comité de politique monétaire à la tête de l’institution, fait un ultime geste au secteur bancaire. La Banque Centrale Européenne va en effet lancer dans les prochaines semaines deux opérations spéciales de prêt aux banques sur un an. Ces deux opérations seront lancées en octobre et décembre et constitueront en des opérations de refinancement à volume illimité. Sur les maturités plus courtes, à une semaine, un mois et trois mois, les opérations lancées vont être prolongées jusque, au minimum, en juin 2012.
Ce mécanisme de soutien avait déjà été utilisé en pleine crise financière, pour aider les banques en difficulté, suite à la faillite de Lehman Brothers. Le président de la BCE a en revanche exhorté les banques européennes à se recapitaliser, pour mieux faire face à la crise actuelle. Selon Jean-Claude Trichet, elles doivent impérativement «faire tout ce qui est nécessaire pour renforcer leurs bilans», notamment via des modérations salariales ou par l’utilisation de leurs bénéfices.
Nouveau rachat d’obligations
L’autre annonce de Jean Claude Trichet concernait l’aide aux Etats en difficulté. Le président de la BCE a indiqué que l’institution allait lancer un nouveau programme de rachat d'obligations sécurisées, pour un montant total de 40 milliards d'euros entre novembre 2011 et octobre 2012, un montant qui a, un temps, déçu les marchés.
En outre, aucune décision n’a été prise sur le front des taux directeurs, qui sont restés inchangés ce mois-ci, à 1.50%, alors même que certains investisseurs tablaient sur un geste de la BCE. Cette dernière s'attend en effet a une inflation «clairement supérieure à 2% ces prochains mois». Toutefois, le statu quo n’a pas été voté à l’unanimité : «il y a eu discussion sur l’opportunité ou non d'une baisse des taux ou d'une stabilité des taux. Après cette longue discussion, qui fut, je dirais, aussi poussée et exhaustive que possible, nous avons décidé par consensus de laisser inchangés les taux» a indiqué le patron de la BCE. Le discours de Jean Claude Trichet n’a en outre pas livré les indices d’une prochaine baisse. D’autant que l’institution, qui va introniser le 1er novembre Mario Draghi, ne souhaiterait sans doute pas que son arrivée coïncide avec l’inflexion de la politique monétaire vers un biais plus accommodant.
Crédit Photo: BCE
