<p>Gérard Forcheron, président de l'UNPI Rhône-Alpes (SDH/Lyon Pôle Immo)</p>
Le président de l’UNPI en Rhône-Alpes , Gérard Forcheron, pense que le système de blocage des loyers est inadapté à la situation de Lyon et des villes de la région.
Que pensez-vous de la décision de l’encadrement des loyers ?
Ce qui nous a beaucoup gêné à l’UNPI, c’est que Cécile Duflot ait pris d’emblée cette décision de blocage des loyers, qui nous semble inutile dans certaines zones comme la région Rhône-Alpes où il n’y a pas de problème de tension sur le marché locatif. Donc bloquer les loyers sur des villes comme Paris, pourquoi pas… Mais il faut voir les répercussions que peut avoir une telle mesure. Si nous bloquons les loyers et fiscalisons toujours plus les propriétaires immobiliers, nous allons nous retrouver dans le même système que celui de la loi de 1948… Lorsque la loi de 1948 avait été votée, il faut savoir qu’il y avait eu un arrêt brutal des travaux effectués par les propriétaires. Quelques années après, la loi de 1948 ne s’appliquant plus, les propriétaires ont laissé leur bien se détériorer. On risque donc d’assister aux mêmes problèmes : l’histoire se reproduit régulièrement. Pourtant, la liberté de fixer les loyers fait partie des règles de la démocratie. Je sors de cela le problème de Paris. L’Ile de France est un marché difficile. Mais lorsque l’on regarde le marché locatif à Lyon, ou dans les principales villes de la région Rhône-Alpes que sont Grenoble, Saint-Etienne, Annecy ou Chambéry, il n’y a pas de tension et les loyers ne se sont pas envolés par rapport aux prix de l’immobilier aujourd’hui.
Cette mesure vous semble donc une mesure purement parisienne… La dimension régionale du logement n’est donc toujours pas intégrée ?
C’est bien là le problème. Tous nos dirigeants, quels qu’ils soient, ne voient que le problème de Paris. Les problèmes franciliens peuvent très bien être soulagés par des dations qui pourraient être faites par l’Etat pour construire des immeubles dans Paris ou la première couronne, où les propriétés appartenant à l’Etat sont très nombreuses. On est là dans un problème d’offre et de demande : aujourd’hui sur la région Rhône-Alpes, nous n’avons pas de problème d’offre par rapport à la demande.
Cette mesure intervient alors qu’on note une certaine accalmie sur les loyers, avec une hausse bien inférieure à la demande. L’Etat prend-il avec cet encadrement des loyers, une mesure procyclique ?
La baisse des loyers est automatique : dès lors que vous avez plus d’offre que de demande, les propriétaires baissent leurs loyers. Ils n’aiment jamais avoir un logement vacant pendant deux à trois mois. A partir du moment où il y a moins de demande que d’offre, il y a une régulation qui se fait de manière automatique au niveau des loyers. Cette mesure est complétement inutile. On ferait mieux de se préoccuper du prix de l’immobilier, et notamment en termes d’investissement. Plus on achètera cher des logements, y compris au niveau des investisseurs privés, et plus on aura des loyers qui seront élevés. Commençons déjà à travailler sur la base et baissons les prix. Il n’y a pas que le coût de la construction qu’il faut baisser : il faut aussi faire baisser le prix du foncier. Il faut réfléchir sur les réglementations qui coûtent une fortune aux promoteurs lors de la construction, et qui, souvent, ne servent à rien…
Quelles actions envisagez-vous au niveau national ? Allez-vous tenter d’intervenir pour que Lyon ne fasse pas partie du dispositif ?
Les actions sont coordonnées au niveau national par Jean Perrin, qui est en train de prendre contact avec le ministère pour essayer de limiter ce problème de blocage. On ne se fait toutefois pas beaucoup d’illusions à l’UNPI… Lorsque les politiques ont une idée en tête, ils ne lâchent rien ! Je pense donc que Paris, Lyon, Marseille et un certain nombre de grandes métropoles sera touché. On va donc essayer de mener des actions pour défendre la propriété, notamment au niveau de la liberté de fixer des loyers.
