<p>Michel Reppelin, vice-président du Grand Lyon chargé du développement durable et Maire de Collonges au Mont d'Or. </p>
La communauté urbaine va acquérir plusieurs parcelles de la zone industrielle de Collonges. Une satisfaction pour le maire de la ville, Michel Reppelin, qui travaille depuis longtemps sur ce projet.
La communauté urbaine de Lyon a adopté hier une délibération concernant l’acquisition et les modalités de réhabilitation des sites Shell et Ardea à Collonges au Mont d’Or. Le Grand Lyon va ainsi acquérir ces parcelles de près de 8 hectares, qui avaient subi une pollution historique datant de la Seconde guerre mondiale, ainsi qu’une pollution industrielle, liée à l’exploitation des deux sites par les pétroliers Ardea et Shell, qui disposaient, à cet endroit de dépôts d’hydrocarbures.
De façon plus précise, la pollution datait du 18 juin 1940. Alors que le général de Gaulle parle à la radio, un ordre écrit de l’Etat ordonne de vidanger les dépôts pétroliers présents sur le site de Collonges, afin d’éviter que les allemands, qui étaient déjà sur Macon, ne s’emparent des carburants présents sur le site. Ce dépôt a par la suite cessé son activité en 1960, avant de reprendre en 1967 sous l’égide de Shell. Le dépôt fermera ses portes en 2002, et la mairie de Collonges demandera au Grand Lyon de préempter ce dépôt afin d’éliminer les risques majeurs, dans un milieu très urbain.
Des responsabilités partagées
«A ce moment-là, on a retrouvé la lentille du précédent dépôt qui avait glissé sous le dépôt de Shell » explique Michel Reppelin, vice-président du Grand Lyon chargé du développement durable et Maire de Collonges. D’où des problèmes de responsabilités sur la pollution entre l’Etat, qui avait donné l’ordre de vidanger les cuves en 1940, l’industriel, qui avait exploité un dépôt pétrolier sur un sol déjà pollué.
Finalement, après plusieurs années de discussions, les trois acteurs (Etat, pétroliers et Grand Lyon) sont finalement parvenus à une convention transactionnelle, qui détermine les engagements de l’Etat, des industriels, et du Grand Lyon pour la prise en charge des opérations de dépollution des terrains, qui ont fait l’objet d’un budget prévisionnel de 7.77 millions d’euros. Shell et Ardea paieront ainsi 3.77 millions et l’Etat 4 millions d’euros. La maîtrise d’ouvrage devrait être confiée à l’ADEME. De son côté, le Grand Lyon va acquérir ces terrains pour 4.4 millions d’euros. La dépollution ne devrait toutefois être résorbée qu’en partie, à hauteur de 60%, du fait de son importance.
