Alors même que la métropole lyonnaise est portée sur les fonds baptismaux, le Pôle métropolitain Lyon / Saint Etienne est, lui, pour la première fois, en vitrine au SIMI, le salon de l'immobilier d'entreprise.
Hasard du calendrier, c’est au lendemain de l’annonce d’une scission du département du Rhône en deux que s'ouvre le SIMI, le salon de l’immobilier, à Paris. Deux évènements qui n’ont a priori rien à voir, mais qui s’inscrivent pourtant, côté Grand Lyon, dans une même logique, celle de la métropolisation.
Avec la création à l’horizon 2014 du statut de métropole d’intérêt européen (MIEU) annoncée hier par le président du Grand Lyon, Gérard Collomb, et Michel Mercier, le Grand Lyon pourrait, pour la première fois en France, disposer de compétences élargies, qui devrait davantage renforcer le poids du Grand Lyon sur la scène nationale, et même au-delà.
La métropole prend corps
C’est là l’un des objectifs recherché par Gérard Collomb, qui a notamment pris corps lors de son accession à la présidence du réseau Eurocités, un groupe de 130 grandes métropoles situées dans 30 pays européens. Pour lui, il s’agit de faire de Lyon une métropole capable de se mesurer aux principales villes continentales.
Et avec une demande placée de bureaux de 265.000 m² en 2011, la métropole lyonnaise est certes loin de Francfort (424.400 m2) ou Düsseldorf (394.200 m2), mais fait quasiment jeu égal avec Barcelone (267.000m2). Elle surclasse en outre largement Manchester, dont la demande placée était en 2011 de 121.230 m2. Au niveau national, le marché immobilier tertiaire lyonnais, a également atteint une taille critique, s'avèrant supérieur aux marchés lillois et marseillais combinés. Sans compter qu'avec un ratio parc en m2 sur population de 4, Lyon se situe dans le top 5 européen des eurocités en termes de tertiairisation, devant Milan...
Une reconnaissance plus qu’un levier
Aussi, ce nouveau statut de métropole d’intérêt européen, s’il est accordé l’an prochain à Lyon, sera en ce sens, plus la reconnaissance d’un fait, qu’un levier pour la métropole lyonnaise. En quelque sorte, une adaptation fonctionnelle destinée à améliorer une situation institutionnelle devenue, au fil des années, désuète.
Toutefois cette métropolisation pose, d’un point de vue institutionnel, des questions. Quelle sera la place de cette agglomération sous statut spécifique dans le pôle métropolitain? Quelle sera l'articulation des liens, des compétences économiques, avec la Région ? En quelque sorte, doit-on penser le fait métropolitain avant le fait régional ? Ce sera, en fait, tout l’enjeu de ce nouvel acte de la décentralisation.
