Les entreprises du secteur ont vu leur activité baisser de 1% en 2012, selon la CAPEB, la principale organisation du secteur. Elle demande des mesures d’urgence pour la filière.
Patrick Liebus, le président de la CAPEB, s’est montré assez offensif hier à l’occasion des vœux de l’organisation, après la baisse d’activité de 1% enregistrée par les entreprises du secteur de la l’artisanat du bâtiment en 2012. « En dépit de nos avertissements, les Pouvoirs publics ont mis le secteur du bâtiment à genoux tout en nous faisant de belles promesses. Si nos menuisiers fabriquaient des langues de bois, l’activité serait relancée !» a lancé, provocateur, Patrick Liebus.
Baisse plus importante en 2013
Et l’année 2013 « ne se présente guère mieux » selon la CAPEB, avec une prévision entre – 2,5 et - 3% à ce jour confortée par le recul du dernier trimestre 2012 enregistré à - 2,5 %. Pour expliquer cette mauvaise passe, les artisans dénoncent un climat économique maussade mais aussi les mesures gouvernementales négatives pour le secteur : des charges, et notamment la TVA et la CFE, devenues écrasantes, la concurrence déloyale des auto-entrepreneurs, et les l’absence d’aide publique.
Les très petites entreprises ont en effet été tenues à l’écart des mesures d’aide, selon l’organisation: « elles ne sont pas représentées au Conseil d’administration de la Banque Publique d’investissement et plus de 202 000 artisans travaillant seul sans salarié sont exclus du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) » note la CAPEB. Elle estime ainsi que ce sont près de 40 000 emplois qui sont menacés entre 2013 et 2014.
Des objectifs irréalistes
« Rien ne nous aura été épargné en 2012 : en plus du ralentissement de l’activité incontestable, les mesures récemment prises par le Gouvernement ne nous laissent aucune chance de rebondir et montrent bien que l’artisanat du bâtiment est sacrifié sur l’autel de la crise» s’est plaint Patrick Liébus, Président de la CAPEB. Pour clamer leur mécontentement, les artisans du bâtiment vont manifester devant toutes les préfectures du pays le 18 janvier prochain, pour éviter que « 2013 ne soit pas l’année des dépôts de bilan».
« Le Gouvernement mène une politique de la bonne parole, notamment pour ce qui concerne le logement. L’objectif de 500 000 rénovations et de 500 000 constructions de logements par an est très ambitieux, mais complètement irréaliste puisque rien n’a été mis en place pour y parvenir. Il est temps d’exprimer notre ras-le bol et de dire stop aux belles promesses ! Nous donnons donc rendez-vous vendredi 18 janvier devant toutes les préfectures de France pour une mobilisation historique ! » poursuit Patrick Liebus.
5 exigences
La CAPEB demande notamment l’application d’une TVA à 5 % pour les activités de rénovation des logements, l’exclusion du secteur du Bâtiment du régime des auto-entrepreneurs, la défense du principe "mêmes Droits, mêmes Devoirs pour tous" fondé sur un renforcement significatif du nombre de contrôles, réalisés par l'administration, sur les chantiers notamment le soir, les samedis et dimanches.
Elle demande également que soient donnés les moyens au secteur du Bâtiment d'atteindre les objectifs du Président de la République de rénover plus de 500 000 logements par an et d'en construire le même nombre, et qu’un représentant des TPE soit créé au sein de la Banque Publique d’Investissement.
