La fédération nationale des Safer a mis en garde la semaine dernière contre une diminution des espaces fonciers agricoles.
Les espaces fonciers agricoles sont en nette diminution. C’est le constat dressé il y a une semaine par les SAFER, à l’occasion du salon de l’agriculture. Pour elles, le potentiel agricole de la ferme France est en nette diminution, impliquant une perte des emplois potentiels en agriculture et dans l’agroalimentaire, une diminution de la biodiversité par la multiplication des réseaux qui coupent le territoire, et une dépendance de plus en plus forte des pays extérieurs à l’Europe.
Les SAFER notent ainsi que, sur les 50 dernières années, l’espace agricole français a baissé de 20 %, à 28 millions d’hectares, contre 35 auparavant. Sur ces 7 hectares perdus, la ville, le logement, et les infrastructures ont ainsi grignoté 2,5 millions d’hectares, alors même que 4,5 millions d’hectares devenaient forestiers.
78.000 hectares dans l’urbanisation
Sur cette période, le nombre d’exploitations a été d’ores et déjà été divisé par 4, passant de 2 millions à moins de 500 000 (490 000 en 2010). La taille de ces exploitations restantes a en revanche nettement augmenté, passant de 15 à 55 hectares, soit une multiplication par 3,7.
La France perd, dans l’urbanisation près de 78 000 hectares tous les ans, selon les chiffres de l’enquête Teruti-Lucas du Ministère de l’agriculture, soit plus de 300 000 hectares en 4 ans, l’équivalent de la surface agricole moyenne d’un département.
15% du potentiel agricole grignoté d’ici 2050
A ce rythme-là, la FNSafer note que l’extension urbaine consommerait plus de 15 % du potentiel agricole de la ferme France en 4 décennies, du fait, pêle-mêle, de la dédensification des centres urbains et l’augmentation du réseau routier, l’augmentation du nombre des ménages, du nombre d’habitants, l’allongement de la durée de la vie, et du développement des zones commerciales, artisanales, industrielles, de logistique.
« L’Europe est en manque d’espace agricole et, en 2008, a importé l’équivalent de la production de 35 millions d’hectares » avertit la fédération, qui indique que « la préservation des espaces agricoles et forestiers ne fait plus débat, et que des décisions politiques doivent être prises ».
