Selon plusieurs courtiers en crédit immobilier, les taux ont poursuivi leur mouvement en baisse en avril.
Les taux de crédit immobilier ont encore reculé en avril, selon plusieurs courtiers en crédit immobilier. Pour Meilleurtaux.com, ce sont près de 75% des banques qui ont ajusté leur taux à la baisse. Une baisse générale des taux que l’intermédiaire chiffre à 0,12 point en moyenne. Le repli observé sur le marché des emprunts d’Etat français semble favoriser le mouvement de baisse. « Les établissements peuvent s’appuyer sur un contexte favorable des marchés de taux. Le rendement de l’OAT 10 ans est au plus bas depuis près d’un an, un phénomène qui tend à favoriser la distribution de crédit à l’habitat à faible coût pour l’emprunteur » note pour sa part Emprunt Direct.
« Ces taux, qui flirtent avec les niveaux historiquement bas de l'année dernière ne sont peut-être pas appelés à perdurer. Une hausse pourrait survenir durant le second semestre, mais les objectifs commerciaux de nos banques partenaires sont très ambitieux et la concurrence peut rester intense. En parallèle, celles-ci restent toujours très attentives à la qualité des profils et des projets qui leur sont présentés » analyse Hervé Hatt, le président de Meilleurtaux.
Fenêtre de tir ?
Pour Cafpi, « compte tenu du niveau des taux, les emprunteurs bénéficient d’une fenêtre de tir qui pourrait ne pas durer ». Pour l’intermédiaire, tous les observateurs du marché s’attendent à une remontée des taux dans les prochains mois, du fait notamment « de la politique monétaire mise en oeuvre par la FED aux Etats-Unis, politique qui ne manquera pas de rejaillir sur les marchés financiers européens ». Mais pour l’heure, « le crédit immobilier reste très abordable, même si les banques sont très prudentes et scrutent les dossiers à la loupe ». Sur Lyon, les taux communiqués sur 10 ans sont de 2.15%, ceux sur 15 ans de 2.55% ; et sur 20 ans de 2.90% (taux avec conditions de revenus et d’apport).
Les primo accédants de retour
Il note également que les primo accédants « sont de retour et redonnent du tonus au marché immobilier ». Une tendance que relève également AB Courtage, qui indique que les banques développent des offres spécialement dédiées pour ces derniers. « Mais attention, car les banques, qui doivent aussi appliquer les nouvelles règles prudentielles, restent sélectives. Pas de crédit à 110%. Le plus souvent, un apport d’un minimum de 10% incluant les frais de notaires est requis » note l’intermédiaire.
« Les banques privilégient, à l’occasion du premier temps fort de l’année immobilière, la baisse de leurs taux sur l’ensemble des profils. Elles semblent en effet être passées à l’offensive commercialement. La hausse constatée dès la fin du premier semestre 2013 a ainsi été annulée. Sur les durées les plus courtes, les emprunteurs bénéficient des taux les plus bas depuis l’après-guerre. On notera en outre que les meilleurs profils disposent, face aux banques, d’un pouvoir de négociation accru» constate pour sa part Alban Lacondemine, président d’Emprunt Direct.

La récente baisse des taux des prêts immobiliers est l’une des raisons de la reprise à pas feutrés de l’activité immobilière et des ventes de logements dans l’agglomération lyonnaise, notamment pour les primo-accédants mais surtout pour les ménages désirant acheter un logement plus grand et revendre celui dont ils sont déjà propriétaires.
Le nombre d’investisseurs privés effectuant un placement dans le logement locatif à loyer intermédiaire dans le cadre du dispositif de défiscalisation Duflot (http://www.dispositif-loiduflot.org/dispositif-duflot) est également est nette augmentation. Ce phénomène est beaucoup plus lié aux mesures de stabilisation des plafonds de loyers du dispositif fiscal qu’à la baisse des taux d’intérêt.
Je pense que le baisse des taux sur les crédits immo est la seule façon de contrer la hausse constante de l’immobilier. Une baisse accompagnée par l’état pourrait permettre de relancer l’économie en débloquant cette crise du logement.