Les baromètres dévoilés par différents courtiers font état d’une nouvelle baisse des taux ces dernières semaines.
Les taux poursuivent leur repli, avant le premier temps fort habitat, qui commence ce mois. Les courtiers en crédit immobilier ont tour à tour publié leurs baromètres, et un même constat est tiré : les taux poursuivent, sans faillir, leur mouvement de baisse.
Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com, note que « les taux des crédits aux particuliers ont continué à baisser dans le courant du mois de février, les taux moyens enregistrant des baisses comprises entre 0,15% et 0,20% selon les durées ».
« Les plus fortes baisses sont donc enregistrées sur le 15 ans et le 25 ans avec des moyennes inférieures de près de 0,20% par rapport au mois dernier » selon elle. Les taux moyens s’établissent à 2,17% sur 15 ans, 2,47% sur 20 ans et 2.74% sur 2,74% sur 25 ans, et le baromètre affiche au global un repli de 0,19% par rapport à janvier. Une baisse des taux vue par Meilleurtaux comme « un signal très fort envoyé aux candidats à l’acquisition ».
Nouveaux plus bas
Emprunt Direct constate également une baisse marquée sur les premiers barèmes de mars. Pour une grande majorité des dossiers, le repli s’est, selon lui, élevé à 10 points de base par rapport aux taux communiqués début février par les banques. «Ceci a eu pour conséquence d’enfoncer, une fois de plus, les plus bas historiques de taux déjà observés en février » relève l’intermédiaire, qui indique que, depuis la fin 2014, les baisses vont jusqu’à 30 points de base pour plusieurs maturités.
Pour Alban Lacondemine, président d’Emprunt Direct, avec ces baisses, « les établissements préparent activement le premier temps fort de l’année immobilière, qui débute ce mois». Il note que également que ces ajustements à la baisse sont généraux : ils profitent selon lui « à tous les profils d’acquéreurs, et pas uniquement aux emprunteurs disposant d’un excellent dossier ».
Une volonté de prêter intacte
La baisse des taux sur les prêts de longue durée, comme le 25 ans, pourrait peut-être profiter aux primo-accédants, les plus friands de ces maturités. Car, sur le segment de la primo-accession, l’attentisme des acteurs est palpable : en janvier et février 2015, la part des primo-accédants a fortement chuté, note Vousfinancer.com. « Les primo-accédants ne représentent actuellement que 25 % de nos clients, contre 35 % en 2014 » note Jérôme Robin, président et fondateur du courtier. « Cela est lié notamment à la forte hausse des demandes de renégociations de crédit qui constituent aujourd’hui 40 % des dossiers de prêts, contre 21 % en 2014 » indique le dirigeant.
Pourtant, du côté de l’offre de crédit, la volonté de prêter est intacte, selon le président de Meilleurtaux, Hervé Hatt, qui indique que celle-ci «reste très forte, avec des décotes importantes fréquentes. Une grande enseigne propose ainsi du 2,30% sur 25 ans avec une décote supplémentaire possible de 0,20% dans certaines régions quand une autre affiche 2,40% sur 25 ans quel que soit le profil» souligne-t-il.
Le problème viendrait donc plutôt de la fébrilité de la demande. «Il est certain que dans le contexte actuel, avec un taux de chômage élevé et 90 % des embauches en CDD ou en interim, beaucoup de particuliers diffèrent leurs achats. Le manque de dynamisme du marché immobilier relève donc davantage d’un manque de confiance en l’avenir que d’un problème de solvabilité » note Sandrine Allonier, responsable des relations banques de Vousfinancer.com.
