Garage Citroën de Lyon 7ème : une réhabilitation hors normes
6ème Sens Immobilier a réhabilité en quelques années l’ancienne plus grande station-service du monde, située dans le 7ème arrondissement. Outre la marque aux chevrons au rez-de-chaussée, l’immeuble accueille désormais des bureaux et une école de management.
Jean-Pierre Gagneux est le directeur général de Sixième Sens Immobilier. Pendant près de 5 ans, l’homme s’est passionné et s’est investi du chantier de réhabilitation du garage Citroën, situé dans le septième arrondissement de Lyon. Pendant quelques semaines, il a organisé de nombreuses visites du site rénové, en amont de l’inauguration du bâtiment, qui a eu lieu le 21 janvier dernier. Il commentait il y a quelques jours l’étendue de cette réhabilitation, accompagné par Philippe Allart, architecte DPLG, qui s’est lui aussi passionné par cette réalisation. « Des sujets aussi énormes, il n’y en a pas beaucoup. Celui-là est hors normes, par le gigantisme, mais aussi parce qu’il ne correspond à rien de connu. Il n’y a pas de référent : en monument historique, on sait faire du 18ème siècle, mais on a pas l’habitude de faire du 20ème ». Aussi, cette réhabilitation a nécessité l’intervention de 21 bureaux d’études, de 19 architectes (dont 3 des bâtiments de France), et de 7 à 10 ingénieurs constructeurs d’Eiffage Construction supervisant, au plus fort du chantier, près de 250 personnes au quotidien.
Un chantier unique
Construit au début des années 30 par André Citroën, le projet est alors vu comme titanesque. Car, pendant quelques mois, ce garage situé rue de Marseille sera, ni plus ni moins, le plus grand garage du monde. Pourquoi André Citroën a-t-il choisi Lyon pour construire de bâtiment ? Malgré des recherches du groupe dans nombre d’archives, on ne sait toujours pas pourquoi le fondateur de la marque à chevrons a choisi ce quartier de Lyon pour y édifier ce bâtiment unique.
Unique car les dimensions de l’immeuble sont imposantes. Le bâtiment, véritable showroom de cette industrie alors toute nouvelle, devait être vu du Rhône. Jean-Pierre Gagneux aime à les rappeler : «on ne se rend pas compte de la taille de ce bâtiment, il est énorme. Ce bâtiment fait 132 mètres de longueur, et 52 mètres de largeur. C’est la dimension d’un terrain de football. Ici, nous avons donc 6 terrains de foot empilés les uns sur les autres… Les façades représentent un hectare. Pour le comparer à un bâtiment existant, c’est la tour Oxygène couchée ».
Mettre en valeur le côté industriel du lieu

(SDH/LPI)
Le Hall d’honneur est, lui aussi, assez imposant, totalisant 330 m² au sol et 5000 m3. « Cela équivaut à 70 piscines » note le dirigeant. Philippe Allart, d’Alep Architectes, a, avec Sud Architectes, participé à la renaissance du bâtiment. « C’est un bâtiment limite Art Déco, début de la Modernité… C’est le combat entre Ravazet, qui a fait des colonnes complètement fausses et une espèce de décor de théâtre, et Jean Prouvé, qui, avec 30 ans de moins, était totalement opposé à cela. Je pense qu’il y a eu beaucoup de discussions… » souligne l’architecte.
Réhabiliter ce bâtiment consistait donc, selon ce dernier, à mettre en valeur le côté industriel de ce lieu : « toute la beauté du bâtiment réside dans les plafonds, et dans le fait que l’on y voit les structures, tous les coffrages très apparents. Le bâtiment était très brut au départ, et avec Yannick Pascal, nous avons décidé de mettre cela en valeur ». Cette exigence a ainsi conditionné le parti de l’aménagement à l’intérieur du bâtiment. Pour conserver l’aspect industriel, ont été laissés visibles les conduits liés au chauffage, à la ventilation. Les poteaux intérieurs ont également conservé leurs allures de garage.

La porte monumentale (SDH/LPI)
Côté nord, la porte monumentale, d’une dimension de 10 mètres par 14 et pesant 20 tonnes, n’a, elle, pas été conservée telle quelle, du fait de contraintes thermiques ne permettant plus de laisser en l’état des portes accordéons. Mais la nouvelle porte a été redessinée à la manière de Prouvé. Elle pivote sur deux pivots désaxés. Dans les bureaux surplombant le cœur du garage, l’un des enjeux était de placer des parois coupe-feu, tout en gardant des transparences. Il faut noter que cette exigence thermique visait également à un objectif, le bâtiment étant désormais labellisé « BREEAM excellent ». Le label vise à diminuer les consommations, les dépenses énergétiques, et être bien situé en termes de transports en commun pour éviter la mobilité. Sur le toit de l’immeuble, on trouve par ailleurs 5 ruches, et des nichoirs à martinet, et des crochets pour chauve-souris.
Un bâtiment classé aux monuments historiques

(SDH/LPI)
L’une des particularités de ce garage était le fait qu’il était, depuis 1992, inscrit à l’inventaire des monuments historiques. De ce fait, le promoteur a dû composer avec les exigences de l’architecte des bâtiments de France. « Nous n’avons pas eu de mauvaises surprises suite à l’intervention des architectes des bâtiments de France. J’irai même plus loin : ils ont bien fait leur boulot. Même si, pendant le chantier, c’était tendu : il y a des tas de choses qu’ils nous ont obligé de faire. Mais en définitive, ils ont eu raison… » concède Jean-Pierre Gagneux. « Quand on était sur le chantier, surtout au démarrage sur le vitrage, on avait envie d’aller vite… Eux, ils nous ont forcés à prendre le temps de faire des prototypes, jusqu’à ce que tout le monde soit content. Et à la fin, on leur dit ‘merci’… Ils ont bien fait de nous retenir un petit peu pour parvenir à un résultat qui n’est pas commun» renchérit Philippe Allart. Jean-Pierre Gagneux indique que certaines des innovations produites par ce partenariat avec les architectes des bâtiments de France ont même été reproduites dans d'autres réalisations du groupe.
Citroën, s’il n’occupe plus tout le bâtiment, a quand même conservé le rez-de-chaussée, sur 4800 m². Les bureaux occupent, eux, les 1er, 3ème, 4ème et 5ème étages. Particularité : il est possible de garer sa voiture à l’immédiate proximité de son bureau, 163 places de stationnement ayant été conservées, avec même des stations de recharge pour voitures électriques. On peut ainsi circuler avec son véhicule dans les étages du bâtiment via deux longues rampes à chevrons, qui totalisent de 420 mètres. Au sol, ce sont en tout 1500 chevrons qui jalonnent celle-ci.
Un investissement conséquent

(SDH/LPI)
Dans l’un des étages, l’école de management INSEEC, qui était auparavant présente sur deux sites, rue Royale et Rue Dugesclin, a emménagé début septembre au sein d’un plateau de près de 4600 m². Elle dispose désormais de 42 salles de classes, d’un amphithéâtre, et peut ainsi accueillir 1700 élèves. « Ce plateau correspond déjà à un très gros immeuble en ville » insiste Jean-Pierre Gagneux.

(SDH/LPI)
Dans les autres étages, le groupe a déjà enregistré d’autres prises à bail, des sociétés comme Santé Vet ayant pris à bail des bureaux. 70% des surfaces sont ainsi louées, et il reste désormais moins de 4000 m² à la location. Les locations vont, suivant la localisation dans l’immeuble, de 160 euros à 225 euros HT/HC par an (le dernier étage disposant des valeurs les plus élevées du fait de la vue, et d’espaces plus vitrés, plus ouverts).

(SDH/LPI)
Au milieu du bâtiment, des espaces ont été aménagés et élargis en patios, qui apportent une lumière aux utilisateurs. « Le bâtiment étant très profond -53 mètres de large - cela nécessitait vraiment un espace lumineux au milieu » indique Philippe Allart.

Au final, cette énorme rénovation aura nécessité un investissement conséquent pour 6ème sens: 30 millions d’euros HT ont en effet été nécessaires pour l’acquisition, et 33 millions HT ont été investis dans les travaux. S’il reste propriétaire pour l’heure du bâtiment, celui-ci, une fois la location achevée, devrait être vendu, indique Jean-Pierre Gagneux.
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