<p>Alain Lacroix et Dominique Guiseppin (SDH/LPI)</p>
Les indicateurs stagnent par rapport au trimestre précédent, selon les CAPEB d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Les CAPEB d'Auvergne-Rhône-Alpes ont publié vendredi leur dernière étude de conjoncture. Selon cette dernière, qui mesure le ressenti et le moral des chefs d'entreprise, les résultats présentés par la CAPEB nationale sont confirmés, avec une reprise d'activité qui reste fragile en Auvergne-Rhône-Alpes. Les indicateurs stagnent en effet par rapport au trimestre précédent. « Pour relancer l'activité de manière pérenne et durable, la CAPEB attend des mesures stables et fortes notamment pour favoriser les travaux de performance énergétique », a noté la section Auvergne-Rhône-Alpes de l’organisation.
« Même si le niveau d'activité se maintient ce trimestre, nous pouvons être inquiet pour l'avenir, à la lecture du projet de loi de finances 2019. Celui-ci prévoit notamment, l'exclusion de tous les ouvrants (portes, fenêtres, volets...) du champ du CITE (Crédit d'impôt pour la transition énergétique), la suppression du taux réduit de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), et bien d'autres encore. Concernant la hausse du carburant, celui-ci constitue un poste significatif dans les charges de nos entreprises artisanales. Leurs marges sont déjà très réduites et on constate ce trimestre qu'elles baissent pour 20% des entreprises. C'est pourquoi, la CAPEB se bat au quotidien pour faire entendre à nos élus politiques la voix de l'artisanat et de la ruralité », note Dominique Guiseppin, chef d'entreprise artisanale de peinture, dans le département de la Savoie, et président de la CAPEB Auvergne-Rhône-Alpes .
Toujours un bon niveau d'activité
Pour autant, 36% d'entre eux relèvent un bon, voire un très bon niveau d'activité (3%). Mais 27% « déplorent encore des difficultés », tempère l’organisation qui note que celle-ci concerne pour près d'1/3 de maçons, couvreurs-zingueurs et des entreprises tous corps d'états.
Concernant les carnets de commandes, « la visibilité reste bonne, même si elle diminue légèrement par rapport au trimestre précédent. Elle reste supérieure à 3 mois pour 46% des chefs d'entreprise, ou entre 1 et 3 mois pour 37%. Les couvreurs-zingueurs, les maçons, les charpentiers et les carreleurs sont les métiers qui ont la meilleure visibilité, avec plus de 70% d'entre eux qui ont une visibilité supérieure à 3 mois », indique l’organisation.
Des indicateurs financiers toujours fragiles
Concernant les indicateurs financiers, la tendance est à la stabilité pour plus d'un artisan sur deux. Les chefs d'entreprise dont le chiffre d'affaires baisse sont moins nombreux ce trimestre, avec une proportion de 15% au lieu de 18%. De la même façon, la situation reste très partagée au niveau de la trésorerie, avec un tiers d’entre eux qui ont révélé une trésorerie bonne ou très bonne, un autre tiers qui ont fait état d’une trésorerie stable, et un tiers qui a fait état d’une trésorerie insuffisante.
Les marges, elles, restent toujours problématiques, du fait de leur caractère peu élevé dans l'ensemble. Elles stagnent pour 71% des entreprises et diminuent même encore pour 20% d'entre elles. 8% seulement constatent une amélioration, une proportion qui est en repli de 2 points par rapport au trimestre précédent.
39% des entreprises ont des projets de recrutement
Une part importante - 39% - des entreprises ont des projets de recrutement. Les prévisions d'embauche en CDI baissent par rapport au trimestre précédent au profit de celles en CDD, respectivement à 48 % (- 10 points) et 41% (+ 5 points). « Elles sont toujours confrontées à des difficultés de recrutement et déplorent toujours un manque de main d'œuvre qualifiée. En Auvergne-Rhône-Alpes, près de 200 postes sont à pourvoir », note la confédération régionale.
