<p>(SDH/LPI)</p>
Si les promoteurs indiquent avoir pris en charge une part importante des surcoûts des entreprises liés au Covid-19, la reprise des chantiers ne doit pas, selon la FPI, « masquer l’ampleur des difficultés créées par l’épidémie ». Comme la délivrance des autorisations à la construction.
La quasi-totalité des chantiers de la promotion privée ont repris, selon la fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Après plusieurs semaines d’arrêt, celle-ci constate chez ses adhérents cette reprise. Le niveau d’activité est certes pénalisé par les mesures sanitaires mais il « croît à mesure que reflue l’épidémie ». « La construction privée, qui représente 30% du chiffre d’affaires du bâtiment, est donc le segment de marché qui a repris le plus rapidement, et le plus complètement », note la FPI.
Partage des surcoûts
La question du partage des surcoûts était, de prime abord, une préoccupation majeure pour l’écosystème de la production. Mais la fédération se veut, sur ce point, rassurante. Cette question s’est « largement résolue d’elle-même, par le dialogue au cas par cas, chantier par chantier, contrat par contrat ». Les promoteurs indiquent assumer leurs propres surcoûts, jusqu’à 7 à 8% du prix de revient d’une opération (agios, missions de référent Covid, dédommagements de clients etc.), et notent avoir également très souvent partagé ceux de la construction, comme le coût des masques et des désinfections, l’extension et le nettoyage des bases vie, pour un coût moyen de l’ordre de 5.000 à 10.000€ par mois par chantier.
La fédération indique avoir participé en régions à la préparation des chartes sur la reprise des chantiers, sans toutefois les signer, « convaincue qu’il faut laisser les contractants trouver leurs propres équilibres, et les faits lui ont donné raison sur ce point ». « L’esprit de dialogue et de partage, qu’elle partage entièrement, doit continuer de prévaloir. A cet égard, il est important que les annonces attendues du Gouvernement sur les surcoûts ne viennent pas fausser l’équilibre des contrats privés », note la FPI.
D’autres défis
« Quand chacun joue la survie de son entreprise, des solutions émergent. Le dialogue entre entrepreneurs responsables et pragmatiques a permis la relance des chantiers privés, dans des conditions de sécurité optimales pour les salariés. Mais attention aux effets d’optique : les défis les plus difficiles de la reprise sont ailleurs », indique Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI France.
L’organisation a ainsi détaillé les risques pour la reprise, en amont comme en aval des chantiers. Pour les chantiers en cours, « le défi est désormais de rattraper le retard de livraison, qui pénalise les acquéreurs actuels et les ventes à venir ». Les professionnels « doivent ainsi trouver des solutions pour rattraper ce retard, mais les chantiers n’accéléreront pas sans le soutien de l’Etat, qui doit continuer d’adapter les exigences sanitaires à la réalité du terrain et notamment, fixer la fin de validité des mesures exceptionnelles en fonction de l’évolution de l’épidémie ». Sans l’accord des collectivités locales, la relance ne se fera pas non plus. Elles peuvent en effet, de facto, décider de la reprise ou de l’arrêt des chantiers.
La question des permis de construire
La fédération avertit également sur la question des permis de construire délivrés par les communes. Et dans beaucoup de métropoles les effets du confinement, des élections municipales et des doutes sur la ville post-épidémie se conjuguent pour ralentir très fortement la délivrance des permis de construire.
« Les promoteurs enregistrent une très forte baisse des mises en vente, faute de projets. En Ile-de-France, les mises en vente du T1 2020 ne représentent par exemple qu’un quart de celles du T1 2019. Si la reprise de la construction est aujourd’hui ralentie par les surcoûts de chantier, elle pourrait être anéantie demain par un excès de contraintes sur l’offre. Les projets risquent de nous faire encore plus défaut que les clients : il faut donc un plan de relance de l’offre autant que de la demande », conclut Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI France.
