Selon la dernière étude de Jones Lang LaSalle sur l'immobilier commercial, les enseignes privilégient toujours les meilleurs emplacements. Les investisseurs, eux, voient leur rendement locatif baisser.
Malgré la reprise du marché en 2010, les grandes enseignes restent particulièrement prudentes, selon la dernière étude sur les commerces de Jones Lang LaSalle. Les marques étrangères sont particulièrement actives : certaines en s’implantant pour la première fois en France, comme Kiko, Jack Wolfskin, Karen Millen ou As Adventure, tandis que d’autres continuent leur développement dans l’Hexagone. L’exemple d’Apple s’implantant à Lyon Part Dieu est en ce sens révélatrice de ce mouvement. Les enseignes françaises, elles, procèdent plus à des améliorations sur leurs sites.
Les bénéficiaires de ce mouvement sont en premier les centres commerciaux et les retails parks bénéficiant de grandes zones de chalandise, et d’une localisation optimale. Les projets de restaurations sont également nombreux selon Jones Lang LaSalle, comme en atteste les futures rénovations de Parly 2 ou du Forum des Halles.
Parmi les projets d’envergure qui vont être prochainement inaugurés, on trouve bien sûr « Le Millénaire », qui développera une surface totale de 56.000 m² à Aubervilliers, mais aussi le centre commercial « Lyon Confluence », qui ouvrira en mars 2012 sur une surface de 25.000m².
Cet appétit pour les grands centres commerciaux permet de maintenir les loyers « prime » à leur niveau, note Jones Lang LaSalle. Mais dans le même temps, si les grands centres commerciaux d’Ile de France se portent plutôt bien, les valeurs locatives sont toujours sous pression. Il faut dire que plusieurs ouvertures récentes de centres commerciaux ont connu des démarrages difficiles : « Si auparavant il fallait compter trois ans pour qu’un nouveau centre atteigne sa vitesse de croisière, depuis la crise il faut en compter cinq » note le groupe conseil en immobilier d’entreprise.
Les rendement prime se stabilisent
Côté investisseurs, le commerce a toutefois toujours la cote, avec un rendement global de 11% sur 2010. Reste que si l’an passé a été particulièrement dynamique, le manque de produits de grande taille freine aujourd’hui les volumes échangés constate Jones Lang LaSalle. Le marché de l’investissement en commerce a ainsi reculé de 24%, avec des volumes néanmoins supérieurs à ceux connus pendant la crise. Ce sont pour la plupart des petites transactions, qui font que le nombre de transactions a, lui, été important.
Cette rareté observée depuis quelques mois devrait à ce titre pousser les investisseurs à se positionner davantage sur des opérations de type retail parks et VEFA. S’agissant des rendements, les taux de rendement prime, après avoir chuté en un an, se sont stabilisés à 4,50% pour les commerces de centre ville, 4,75% pour les centres commerciaux, et 5,75% pour les retail parks. Cet attrait moins important devrait jouer sur les volumes investis, qui devraient continuer à être moins important qu’en 2010. Toutefois conclut Jones Lang LaSalle, « la ré-internationalisation du marché devait se poursuivre en 2011 », avec une attirance des investisseurs étrangers vers des produits commerce de taille significative et de qualité qui devrait perdurer.
