La hausse des prix de l'immobilier a permis au patrimoine des français de progresser, malgré une conjoncture morose.
Malgré la crise, les ménages français sont plus riches. C'est en tout cas ce qui ressort de l'étude faite par Cyril Blesson et Robert Mart dans les derniers Cahiers de l’Epargne: "le patrimoine des Français, qui détiennent majoritairement de l’immobilier, devrait augmenter de +7,9% en 2010 pour atteindre 11 300 milliards d’euros en 2010, soit plus de 415 000 euros en moyenne par ménage."
Il faut dire que depuis l'éclatement de la bulle Internet, les français se sont massivement tournés vers l'immobilier, valeur refuge par excellence . Les ménages français étant de plus en plus propriétaires de leurs logements, c'est donc le patrimoine d'une partie importante des ménages français qui a progressé en 2010. Les piètres performances du CAC 40 durant cette période ont en outre favorisé cette fuite de l'épargne vers la pierre, d'autant que dans le même temps, les processus d'optimisation fiscale basé sur l'investissement immobilier, tel le Scellier, ont favorisé une envolée des prix du neuf.
2011, même cru?
Néanmoins, si 2010 a été une année de nette reprise dans l'immobilier, 2011 sera-t-elle marquée par un prolongement de ce mouvement. Rien n'est moins sur. Car la hausse des taux observée depuis décembre sur le front des crédits immobiliers pourrait bien changer la donne. La baisse des taux de prêt a en effet été captée pour partie par les vendeurs de biens, qui en ont nettement profité l'année dernière. Les taux de crédit ayant atteint un plus bas depuis 1945 à 3.22%, nul doute qu'une remontée trop rapide de ces derniers, stimulée notamment par une progression de l'OAT 10 ans, pourrait provoquer une nette décélération des tensions sur le marché de la transaction. La Bourse pourrait peut être, dans un tel cas, en profiter.

