La directrice des études économiques de la stratégie marché de HSBC pense néanmoins que la dynamique du marché reste positive.
Mathilde Lemoine, la directrice des études économiques et de la stratégie marché chez HSBC, s'exprimait sur les perspectives du marché immobilier en 2011, dans une interview aux Échos. Comme la FNAIM, et Century 21, celle-ci table sur une décélération de la hausse des prix de l'immobilier, tant dans le neuf que dans l'ancien.
Selon elle, la forte activité observée dans les ventes de logements neufs et anciens trouve sa source à la fois dans la baisse continue des taux de crédit immobilier et dans la baisse des taux d'intérêts d'emprunts immobiliers. Ce dernier phénomène a permis selon elle de redonner, malgré la hausse des prix, du pouvoir d'achat aux ménages. « Ce qu'on a observé en 2010, c'est que la faiblesse des taux d’emprunts a plus que partiellement compensé la hausse des prix, indique t’elle. Malgré cette hausse des prix on a observé une hausse de la solvabilité des ménages en 2010. La seule région où l'on n'a pas observé une amélioration de la solvabilité, c'est Paris.
2012, l'année de la baisse des prix ?
L'année 2011 devrait selon elle se traduire par une hausse des prix immobiliers, qui devrait toutefois s'avérer bien moins forte qu'en 2010. « En 2011 on voit bien qu'on ne peut pas attendre de baisse des intérêts d'emprunt, mais plutôt une légère hausse, et donc ce ne sera plus à même de compenser la hausse des prix », indique-telle.
Cette situation devrait selon elle aboutir à une dégradation de la solvabilité des ménages. Les transactions dans l'ancien et les ventes de logements neufs ne devraient pas connaître de nouvelle accélération. Elle exclut, toutefois, une baisse des prix étant donné que les dispositifs fiscaux en vigueur en 2010 sont pour une large part toujours là. Elle note en outre que dans le neuf, le nombre de transactions est de 5 % supérieur à ce qu'on avait pu observer lors du boom immobilier de 2004- 2007.
Les prix pourraient donc continuer à augmenter mais plus doucement. Elle reste en revanche pessimiste pour 2012, dans la perspective d'une remontée des taux d'intérêt : « On va aller vers une phase de consolidation du marché immobilier, note-t-elle avant que les taux d'emprunt augmentent fortement plutôt en 2012, et là la tendance s'inversera, peut être plutôt brutalement. »
