Le président de la République a recadré le débat hier, en réaffirmant son souhait de départ, à savoir la suppression de l'ISF. Les parlementaires plaident désormais pour une réforme en deux temps. Nicolas Sarkozy a réagi hier aux propos tenus dimanche et lundi par François Baroin et Gilles Carrez, qui s'étaient prononcés pour un simple assouplissement de l'ISF. Le président de la République, qui avait annoncé une réforme du patrimoine en évoquant l'idée d'une suppression simultanée de l'ISF et du bouclier fiscal, a donc rappelé le cap, peu après Christine Lagarde, qui semble ainsi s'inscrire dans le sillage du président de la République.
« Ce que les socialistes ont compris en Europe, [...] peut-être que la droite et le centre français peuvent le comprendre aussi » a affirmé le chef de l'Etat lors d'un déplacement devant des chefs d'entreprise, à Montmirail. «Comme pour tous les sujets, le conseil qui m'est donné, c'est l'immobilisme. On met la poussière sous le tapis (...) mais ce n'est pas ma conception des choses» a-t-il lancé.
Le débat reste toutefois animé au sein de la majorité, qui craint les réactions de l'opinion vis à vis d'une réforme qui pourrait être mal vue à un an de la présidentielle. Gilles Carrez semble de ceux-là: "la suppression de l'ISF, c'est en début de législature qu'il fallait l'envisager. Aujourd'hui, c'est impossible", affirme le rapporteur du budget dans les Echos ce matin. La solution pourrait peut-être venir, pour les parlementaires, d'une réforme en deux temps, une hypothèse pourtant mal vue par L'Elysée. L'imbroglio ne fait que commencer.
(Photo: Flickr/World Economic Forum)
