Le seul impact notable devrait se situer au niveau des taux de crédit immobilier à taux variable.
Comme anticipé, la Banque centrale européenne a remonté ses taux directeurs de 25 points de base. L'objectif de la manœuvre était clair : lutter contre les pressions inflationnistes, et ramener l'inflation en dessous du seuil des 2 %, objectif de moyen terme de l'institution francfortoise. Le taux de refinancement, l'un des trois principaux taux directeurs de la zone euro, passe ainsi de 1,25 % à 1,50 %.
Jean-Claude Trichet, le président de la banque centrale européenne, a, dans sa conférence de presse consécutive à l'annonce de ce mouvement, laissé entendre que les taux pourraient ne pas bouger durant l'été. Il faut dire que la situation sur le front de la dette des pays périphériques de la zone euro est de nature à inciter l'institut d'émission à la plus grande prudence en matière de pilotage de sa politique monétaire.
Un impact sur les taux variables
Ce nouveau durcissement de la politique monétaire de la BCE devrait avoir peu d'effet sur le marché du crédit immobilier. Elle pourrait surtout jouer sur les conditions de prêt à taux variable, qui réagissent, eux, en fonction des mouvements des taux de court terme, comme l'Euribor. Comme le souligne Sandrine Allonier, responsable des études économiques chez meilleurtaux.com, l'écart entre l'État fixe et variables pourrait se réduire, compte tenu de la stagnation des taux fixes et de la remontée des taux variables.
«Avec une différence d'un demi-point actuellement, ils ne sont plus intéressants pour les emprunteurs dans la mesure où ils risquent de devenir rapidement supérieurs aux taux fixes » souligne-t-elle. Pour chercher à obtenir des taux plus compétitifs, il faut se faut donc se tourner vers des produits mixtes : « les taux mixtes - fixes en début de période puis variables au bout de 7, 10 ou 15 ans par exemple - restent avantageux car à la fois sécurisés et inférieurs aux taux fixes classiques» explique ainsi Sandrine Allonier.
Les tensions observée sur le front des taux de l'OAT 10 ans depuis quelques jours pourrait néanmoins changer la donne. « L'accroissement de l'écart de rémunération observé ces derniers jours entre les obligations de l’État allemand et celles de l'État français pourrait, en cela, constituer un motif d'inquiétude pour le marché du crédit immobilier » note ainsi le courtier en prêt immobilier Emprunt Direct.
