Selon une étude du CREDOC, le coût du logement impacte négativement la mobilité des travailleurs.
Les conséquences de la hausse exponentielle des prix du logement dans certaines régions commencent à avoir des conséquences importantes sur les bassins d’emplois. Face à cette situation, le MEDEF a commandé une étude au CREDOC. Dans les 5 dernières années, sur les 4.6 millions d’inscrits à Pôle Emploi, 500.000 ont écarté un poste proposé du fait du coût accru en matière de logement.
Le cout du logement, un risque pour la mobilité
Aussi, cette hausse continue des prix constitue « un risque bien réel de grippage de la mobilité professionnelle » selon le CREDOC. On notera toutefois que certaines catégories de français répondent de façon plus ou moins affirmée : 80% de propriétaires répondent ainsi par la négative, contre 54% des locataires. Reste que, quelle que soit la catégorie étudiée, cette proportion ne passe jamais sous les 50%.
Pourtant les français sont prêts, contre toute attente à bouger pour décrocher un emploi : trois quarts des répondants indiquent ainsi qu’elle seraient prêtes à aller chercher un emploi dans une autre commune de leur département, 61% seraient prêts à changer de région et 38% seraient même prêts à aller à l’étranger.
Des pôles urbains chers mais riches en emplois
Autre phénomène observé par l’étude : les emplois restent concentrés dans les pôles urbains à 77 %, alors même que le prix immobilier dans les centre-villes ne cesse de devenir chaque jour un peu plus prohibitif. Aussi, selon le CREDOC, « les temps de transports entre le domicile et le travail ont eu tendance à augmenter, concomitamment à l’étalement urbain » note l’institut.
Or cette problématique de la proximité avec le lieu de travail est bien de plus en plus réelle pour le CRÉDOC . En Rhône Alpes, les distances domicile-travail, avec une moyenne de 11,1 km, ont tendance à augmenter selon une récente étude de l’INSEE. C’est même le deuxième critère de choix d’un logement, avec 41 % des suffrages, juste après la qualité de l’habitation (53 %). C’est un critère tout aussi décisif que le cadre de vie dans le quartier (41 %).
Aussi, beaucoup d’actifs occupés (77%) refuseraient l’opportunité d’un emploi de meilleure qualité, si cela se traduisait par une hausse de plus de 30 minutes du temps de trajet travail-domicile. Reste qu’ils accepteraient à 77% un allongement de 15 minutes.
L’impact positif d’Action Logement
Parmi les solutions envisagées par le CREDOC, celui-ci note l’impact positif des aides telles que Action Logement (l’ancien 1% logement) : « les personnes ayant bénéficié d’une aide de l’organisme au cours des cinq dernières années ont pu, semble-t-il, plus facilement trouver un logement qui ne soit pas trop éloigné de leur lieu de travail » note le CREDOC.
Reste que cette notion de coût du logement devra désormais être intégrée dans les politiques d’emploi : « le logement a pris une telle place dans la vie de nos concitoyens que leurs arbitrages se font parfois au détriment de l’emploi » conclut ainsi le CREDOC.
