Selon le site internet de France 3, le gouvernement souhaite privatiser l’Aéroport de St Exupéry au plus vite. Il va procéder à un appel d’offre afin de céder ses parts. Les associations de riverains et les élus locaux sont sur le pied de guerre.
Avec un chiffre d’affaires qui avoisine les 140 millions d’euros en 2010, L’aéroport de Lyon représente une manne pour les investisseurs. 3eme aéroport français en termes de trafic passager après Paris et Nice-Cote d’Azur, il a connu une croissance de 3,4 % en 2010 avec ses 8 millions de passagers. Une hausse supérieure à la moyenne nationale de 1,3% en grande partie obtenue grâce aux compagnies low-cost.
Surtout, le site présente un potentiel de développement important. Il ne se situe qu’au 47ème rang des aéroports européens, alors que Lyon fait partie des dix PIB les plus élevés pour la région Rhône-Alpes. .En termes de trafic, le l’aéroport de Lyon reste en retrait par rapport à ses homologues européens. Avec 8 millions de passagers, il reste loin des 51 millions de passagers de Francfort, ou des 35 millions de Milan et 27 millions de Barcelone, villes équivalentes en superficie et en population. Or si la plupart des aéroports français seront saturés d'ici 2030, Lyon est l’un des seuls de son envergure, à pouvoir accueillir des dizaines de millions de passagers supplémentaires. De quoi attirer les convoitises. Aéroport de Paris ADP, BNP Paribas, Véolia, Vinci, Axa et Antin se sont déjà portés dans candidats. L’australien Macquarie et le canadien SNC Lavalin sont également interessés.
De nouvelles lignes intercontinentales en vue
Pour les investisseurs le développement passe la création de liaisons intercontinentales. Des discussions ont déjà été entamées avec Emirates pour la création d’une ligne vers Dubaï avec 38 millions de passagers supplémentaires en vue. Une ligne vers l'Asie et vers le continent américain, via Newark ou Atlanta, sont également à l’étude. Emirates pourrait annoncer sa venue ou pas d’ici deux mois. Air India fera savoir d’ici fin 2011, si son hub européen vient à Lyon. L’objectif avoué par la direction des Aéroports est d’atteindre les 10 millions dans les deux ans à venir.
Un projet qui est loin de faire l’unanimité
Du côté des associations de riverains, c’est la consternation. L’association contre l’Extension et les Nuisances de l’Aéroport de Lyon Saint-Exupéry (Acenas) redoute les nuisances sonores que provoquerait le développement de l’aéroport. Elle fera, selon ses dires, « tout pour faire capoter les projets qui ne lui conviendraient pas ». Les élus locaux, grincent également des dents. Le maire de Lyon Gérard Collomb appelle à la prudence. "Il nous faut garder la maîtrise de l’aéroport, rester maîtres chez nous. Nous avons déjà discuté avec la CCI de Lyon, nous le ferons aussi avec le Département et la Région, afin de constituer un bloc local pour obtenir une majorité de contrôle sur l’aéroport", a-t-il indiqué.
