Les professionnels de l’immobilier ne sont pas satisfaits de la nouvelle mouture du gouvernement.
Les professionnels de l’immobilier ne décolèrent pas : des artisans aux promoteurs, tous craignent l’impact de la nouvelle mouture concernant la fiscalité immobilière sur leur activité. L’un des premiers à dégainer était hier le président de l’UNPI, Jean Perrin : ce dernier a en effet fustigé le contenu de la nouvelle mouture de la réforme. « Sur le fond, ces amendements ne changent rien. Le système retenu est lourd, complexe, et il ne permettra pas d’exonération conséquente avant 25 ans de détention » indiquait hier le président de l’UNPI à lavieimmo.com. Pour l'Unis, la mesure va toucher "la majorité des Français, y compris les petits épargnants, puisque sont concernées toutes les ventes de logements, sauf de résidences principales. Il ne s'agit donc pas de supprimer une niche fiscale concernant les nantis mais de pénaliser lourdement l'immobilier dans une période de pénurie de logements"
Même constat chez les promoteurs, qui craignent une raréfaction des terrains : «C’est un facteur qui à court terme risque de geler les ventes, et donc de faire monter le prix des terrains, donc d’avoir un effet néfaste sur les volumes, car les producteurs de logements comme nous construiront moins» indiquait hier François Bertière, PDG de Bouygues Immobilier au micro de BFM Business. Son confrère Alain Dinin est lui aussi inquiet, "On va voir arriver le marché, nombre de logements locatifs, notamment des petites surfaces acquises par des particuliers dans le cadre de dispositifs de défiscalisation", expliquait pour sa part Alain Dinin le PDG de Nexity, premier promoteur français, au journal Le Monde.
Les craintes de blocage
Et cette inquiétude exprimée par les promoteurs inquiète même jusqu’à l’artisanat du bâtiment, qui craint que l’ensemble des mesures décidées au sein du plan de rigueur fragilisent la profession, qui sera en outre touchée, de son côté, par l’alourdissement du coût des heures supplémentaires. « Alors que le pays encourage la croissance pour diminuer son déficit public, le poids d’une rigueur mal ajustée risque d’enrayer la reprise d’activité du secteur. Je ne peux croire que le gouvernement souhaite aller dans ce sens » indiquait Patrick Liébus, Président de la CAPEB.
Côté transactions, les craintes de voir le marché se bloquer restent vives. Pour Jean-Michel Guérin, la nouvelle version de la réforme n’a pas changé grand-chose. "En réalité, les abattements proposés par les députés sont faibles et ne sont pas plus favorables que l'érosion monétaire que prévoyait le projet initial", analysait ainsi hier pour le Monde Jean Michel Guerin, directeur général de Particulier à Particulier. Désormais, les principales craintes se portent sur le report du délai de mise en application de la loi : la date laisse un champ de tir aux propriétaires pour vendre, mais à quel prix ? Car avec un mouvement de vente important sur le marché, les prix de l'immobilier pourraient bien en pâtir, les propriétaires étant prêts à accepter une moins-value, plutôt que d’être encore bloqués à la vente pour 15 ans.
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Encore un beau « foutage de gueule »… Misérable et consternant.