« La nécessité de réaliser le TOP est absolue »

Pour Michel Havard, l’agglomération lyonnaise a aussi besoin de grandes infrastructures  routières.

Sur le Contournement Ouest de Lyon (COL) et le Tronçon Ouest du Périphérique (TOP), quelle est votre position ? Quelle serait le bon processus de gouvernance pour piloter un projet qui a bien du mal à aboutir ?

La Commission nationale du débat public est mobilisée sur le projet de Tronçon Ouest du Périphérique et il y aura discussion. Cela parait être un bon outil d’écoute. La nécessité de réaliser le TOP est absolue. Une ville qui veut jouer dans la cour des grands doit avoir bouclé son périphérique. C’est un ouvrage qui coûtera  extrêmement cher avec  fatalement  par un péage. Il faudra l’enterrer au maximum pour minimiser son impact environnemental.

Deux tracés sont possibles, tracé court ou tracé long ? Pour  beaucoup, il faut un tracé court avec une sortie à La Saulaie, à Oullins,  avec un pont sur le Rhône pour déboucher sur  la rive gauche .

Cela pose une vraie question qui est de savoir où est le cœur de l’agglomération. Un tracé court voudrait dire que Pierre Bénite ou Oullins ne sont pas le cœur de l’agglomération alors que l’on est à 15 minutes de la place Bellecour par l’autoroute. Je pense que la logique peut être celle d’un tracé court, mais je pense qu’il faut envisager d’avoir une liaison entre le périphérique à partir de Francheville jusqu’à l’A450, sous forme d’un boulevard urbain, pas forcément sous forme d’un périphérique, qui permette  une évacuation importante d’une partie du trafic, qui  doit éviter le cœur de l’agglomération dans lequel, malgré tout, se situe Oullins.

Se pose également la question de savoir si l’on réalise une liaison A450 – Boulevard Urbain Sud, le fameux barreau sous Irigny. Il faut à l’arrivée de l’A450 et de l’autoroute A7, repenser le nœud de Pierre Bénite et son  pont, pour permettre à l’A450 de repasser sur l’autre rive sans se mélanger au trafic routier.

Ce sont des infrastructures considérables à réaliser. Mais là aussi, compte tenu du développement de l’agglomération, si nous ne les anticipons pas, et si on ne lance pas vite tout  cela, on vivra une asphyxie qui, à un moment donné, pénalisera notre développement. Le problème actuel, c’est l’absence de  consensus entre l’agglomération lyonnaise, le Département, la Région, et du coup avec l’Etat. La mobilisation des financements de l’Etat ne pourra se faire que lorsqu’il y aura consensus au niveau local.

Est-ce que  ce consensus peut  intervenir rapidement ?

Malheureusement,  je crains qu’il n’y ait pas de consensus politique avant 2014. Je pense que l’on peut trouver un consensus politique sur certaines infrastructures, comme le TOP. Mais, même pour le TOP, les discussions engageront, au-delà, sur l’A45, l’arrivée sur Pierre Bénite, et le COL.

Car si l’on fait le TOP sans le COL, certains disent que ce sera alors la voie de contournement de la ville de Lyon, ce qui est une forte possibilité. Beaucoup de questions qui sont liées et  le sujet est complexe. Mais il faudra  en sortir  car sinon le développement de l’agglomération sera remis en cause.

Cela rejoint du coup la question de l’A45… Le préfet a reçu une lettre de mission sur la question.

La volonté de l’Etat est très claire : il faut réaliser l’A45. Mais l’A45 ne peut se réaliser si les collectivités  refusent de financer. On tourne en rond. Le monde économique stéphanois est très dépendant de l’A45. Les discussions qui existent au niveau du pôle métropolitain devront remettre la question de l’A45 sur le tapis. Je crois assez peu au réaménagement de l’A47, parce que les conditions d’un tel réaménagement sont rendues difficiles par la densité du  tissu urbain traversé, et tellement couteuses qu’il vaut mieux réaliser l’A45.

… qui en même temps servira à relier le Nord est de Saint-Etienne au sud Ouest de Lyon, mais qui ne desserrera pas les besoins de Saint-Etienne d’être reliée à la vallée du Rhône et au-delà, à Saint Exupéry. Ne faudrait-il pas, via l’A47, privilégier un grand contournement sud de l’agglomération ?.

C’est ça l’idée. Il y a une grande zone d’activité économique qui n’est pas très loin de Saint-Etienne, qui est dans le secteur de Montbrison. Une autoroute est en train d’être réalisée, l’A89, qui peut permettre de dégager par le Nord et éventuellement sur Saint Exupéry. Mais ceci rejoint le problème de l’agglomération  lyonnaise au Nord. Après, il faut hiérarchiser les trafics. Il faut que l’argent public investi profite au plus grand nombre.

Peut-on imagine  l’A47 dégagée d’un trafic en provenance de Clermont Ferrand et à destination de Lyon, du fait de la construction de l’A89 ?

Je suis assez partisan du fait que la jonction de l’A89 avec l’A6 se fasse le plus au nord possible pour être face à l’A46. Ça me parait logique. Sinon on va faire arriver sur un endroit déjà dense en termes de trafic un flux qui n’a pas vocation à entrer, mais qui perturbera  ce flux entrant en augmentant la nuisance.

Il faut concevoir ces autoroutes comme des grands contournements. Il y a d’ailleurs la question du Grand Contournement via l’A432. Il ne reste plus qu’une vingtaine de kilomètres à réaliser face à l’A432 et piquant jusqu’à Vienne, et là nous avons un très grand contournement est.

Ceci ne peut se faire sans une requalification de l’autoroute A6 et A7 au cœur de l’agglomération. Je suis  partisan d’un déclassement au sein de l’agglomération. Or Il ne peut pas y avoir déclassement sans alternative.

Cela pose la question du Contournement Ouest de Lyon qui est souhaitable, mais difficile à réaliser. L’urbanisation est plus importante à l’Ouest de Lyon. Pour autant, et là c’est un élu du cinquième arrondissement qui le dit, attention à l’équilibre de l’agglomération. A force de mettre toutes les infrastructures à l’Est, on déséquilibre l’agglomération. Il faudra de grandes infrastructures sur l’Ouest.

Comment imaginer  une région urbaine qui se développe économiquement soit également proche de zones de logements ?

Le développement économique que l’on observe à l’Ouest est différent de celui de l’Est. Le foncier est bien sûr beaucoup plus rare à l’Ouest : cela nécessite d’avoir des zones de bureaux adaptées à cette topographie. Pour autant, il faut aussi prévoir sur l’ouest des zones d’activités. Il y a TECHLID au nord, qui pourrait être dopée par l’A89.

Plus au sud-ouest, autour de l’A47/A450, du côté de Brignais et de Saint Genis Laval, il y a un potentiel de développement important avec une capacité de localisation d’emploi s, avec de  belles PME.

Cela pose la question de la préservation des zones naturelles et des zones agricoles. On ne pourra pas tout avoir : il faudra faire des choix. Quand on regarde les densités urbaines en Europe, on se rend compte que la France a une assez faible densité urbaine. Il faudra faire des arbitrages sur ce que l’on conserve de façon absolument certaine comme  le parc de Miribel Jonage. Des zones naturelles dans la grande agglomération seront intouchables, et d’autres seront soumises à arbitrage, mais sur 50 ans, en fonction d’une stratégie moyen et long terme qu’il faudra à un moment décliner. Si on veut limiter  l’étalement, il faudra  aussi une certaine concentration des activités.

» « Un potentiel très fort de densification du centre de l’agglomération »
» « Les surcoûts des performances énergétiques pourront être absorbés par le marché » (sur Enviscope)

 






Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Commentaires

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

(requis)

(requis)


« La trace laissée par la crise sanitaire est considérable »

Jean-Marc Torrollion est le président de la fédération nationale de l’immobilier (FNAIM). A l’occasion de la présentation des chiffres de l’immobilier du premier semestre 2022, nous avons, avec lui, évoqué la surperformance des villes moyennes.


Un premier « plan piéton » adopté par la Métropole de Lyon

Ce lundi, les élus du Conseil de la Métropole ont adopté ce plan, premier du genre pour la collectivité.


Un plan solaire adopté par la Métropole de Lyon

Ce plan a été adopté par les élus métropolitains en Conseil de la Métropole.


Règlement local de publicité : l’enquête publique bientôt lancée

Une nouvelle étape a été franchie pour le règlement local de publicité métropolitain avec le lancement de l’enquête publique à la rentrée. 49 communes se sont exprimées en faveur du projet initial.


Écoréno’v : enveloppe supplémentaire de 21 millions d’euros

La Métropole de Lyon a voté une autorisation de programme complémentaire pour le dispositif.


A Villeurbanne, toute l’avenue Henri Barbusse devient piétonne

nullDès ce lundi, la portion comprise entre le cours Emile-Zola et la rue Anatole-France est définitivement fermée aux véhicules.


Le métro B de Lyon est désormais entièrement automatique

Depuis ce samedi, la ligne B du métro est passée en 100% automatique. Un chantier de 10 années de travail continu s’achève.


Prolongement du T6 : lancement de l’enquête publique unique


Cet axe vise à relier les Hôpitaux-Est au campus Lyon Tech La Doua – INSA Lyon.


Yannick Ainouche, nouveau président de la CDI FNAIM

La Chambre des diagnostiqueurs immobiliers s’est dotée ce jeudi d’un nouveau bureau.


Un vaste projet d’apaisement pour la presqu’île de Lyon

Le maire de Lyon et le président de la Métropole ont présenté ce mercredi les grandes orientations de la transformation envisagée de ce secteur de Lyon.


Saint-Priest : vente d’un immeuble de New Forest par Nexity

Theoreim a investi dans le premier immeuble de bureaux bas carbone de l’opération située dans la ZAC Urban’East.


Tassin-la-Demi-Lune : un dispositif d’analyse de la qualité de l’air

Pascal Charmot a lancé ce dispositif d’analyse de la qualité de l’air et de l’environnement sonore, suite à un « développement de la congestion automobile ».


L’ANAH promeut sur les bons réflexes face aux risques de fraudes

L’Agence nationale de l’habitat a rappelé les bonnes pratiques lors de la réalisation de travaux de rénovation énergétique, face aux risques de fraude.


Concertation sur la « Voie Lyonnaise 2 »

nullCette autoroute à vélo se développera à terme sur 32 kilomètres entre Cailloux-sur Fontaines au nord à Mions au sud. La concertation qui débute le 6 juin concerne la section qui va du Rhône à l’avenue Berthelot.


La validation du ticket TCL en direct par carte bancaire désormais possible

SYTRAL Mobilités a lancé ce lundi le service « TCL carte bancaire », qui vise à favoriser une mobilité connectée pour des voyages simplifiés dans l’agglomération lyonnaise.