Selon une étude d’un économiste de l’IRES, les profits ont nettement augmenté dans le secteur de l'immobilier depuis 1999.
Les profits immobiliers ont progressé de 60% en 10 ans. C’est le résultat d’une étude publiée aujourd’hui par l’Humanité, et réalisée à la demande de Droit au Logement (DAL) et de la Fondation Copernic, par Pierre Concialdi, économiste à l'Institut de recherche économique et social (IRES).
Selon cette étude, les profits ont augmenté de 60 % dans le secteur entre 1999 et 2009, quand, dans le même temps, le PIB français progressait de 14 % en monnaie constante. « 64,7 milliards d'euros de profits monétaires ont été engendrés en France en 2010 par la location de logements, de locaux à usage professionnel ou par des activités d'intermédiation sur le marché immobilier », note le journal. De même, les profits ont beaucoup plus dans l’immobilier que dans les autres secteurs, la masse totale des profits ayant progressé de 17 % sur 10 ans.
Les professionnels principaux bénéficiaires
Dans les principaux bénéficiaires du côté des sociétés, l’étude cite le groupe d'administration de biens, Foncia, qui a enregistré depuis 2000 un triplement de son chiffre d’affaires. "La gestion de ses 252 000 biens en location reste l'activité la plus rentable du groupe et représente 45 % de son résultat d'exploitation. Avec des honoraires calculés en pourcentage de loyers réévalués à la hausse chaque année, le marché de la gestion locative assure des ressources certaines, estimées entre 3 % et 4 % par an, selon certains experts" note l’étude.
"33 milliards de surprofits" ont été réalisés dans le secteur durant la période. Selon l’économiste, il s’agit du " coût de la spéculation immobilière et de la libération des loyers supportés par les ménages". Selon Pierre Concialdi, les surprofits s'élèvent même à "450 milliards d'euros", sur les 30 dernières années.
D'après le journal proche du Front de gauche, les "marchands de biens, agences immobilières ou administrateurs" ont profité pour deux tiers de ces montants. Mais la hausse des loyers a également profité à certains particuliers : la moitié des français possèdent en effet un bien immobilier, tandis que 11% détiennent un bien à la location, selon l’étude. Mais l’Etat a également profité de la hausse, selon le journal, les prélèvements sur le logement ayant été, en vingt ans, multipliés par trois pour atteindre 29,3 milliards d'euros en 2010.

dommage que cette étude ne planche pas davantage sur la répartition de la richesse.