Les banques ont procédé, pour moitié, à une remontée de leurs taux en janvier, mais 30% ont, dans le même temps, baissé les leurs.
La visibilité sur l’évolution des taux de crédit immobilier reste limitée en ce début d’année. Si le courtier en prêt immobilier Empruntis a fait état d’une remontée inéluctable des taux sur les prochaines semaines, son confrère Meilleurtaux se montre nettement plus nuancé sur l’évolution des taux. Celui-ci constate en effet que si 54% des banques ont augmenté leurs taux de crédit en janvier, 30 % les ont dans le même temps baissé.
Les banques ayant augmenté leurs taux ont toutefois procédé à des hausses moyennes de 10 points de base, alors même que les établissements ayant diminué les leurs ont procédé à des baisses de 17 points de base en moyenne. De ce fait, pour Sandrine Allonier, responsable des études économiques de Meilleurtaux.com, « il faudra attendre février pour avoir une vision plus précise de l'évolution future des taux ».
La sélectivité va se poursuivre en 2012
Le courtier constate ainsi un léger resserrement des critères d'octroi et une sélectivité accrue des dossiers, qui devrait se poursuivre en 2012 : « Certaines banques ne proposent plus de prêts au-delà de 30 ans. D'autres demandent un apport de 10 % pour couvrir au moins les divers frais, voire 20 % pour obtenir un très bon taux » explique ainsi Hervé Hatt, directeur général de meilleurtaux.com, qui souligne toutefois que des solutions existent malgré tout pour tous les profils, y compris pour des primo-accédants empruntant sur 30 ans sans apport.
Cette sélectivité a toutefois sorti du marché certains profils plus risqués, et a donc « vieilli » le profil des emprunteurs. Le courtier a ainsi observé ainsi une moindre part des moins de 35 ans en fin d’année (44 % au 4e trimestre 2011 contre 50 % au 1er trimestre), mais aussi une baisse des primo-accédants (64 % des clients au 4e trimestre contre 70 % au premier trimestre 2011).
Des emprunteurs plus prudents
Le courtier note également que l'apport personnel est en assez nette hausse, à 66 270 € au 4e trimestre contre 64 140 € au premier trimestre 2011 et 54 700 € au premier trimestre 2010, alors même que les montants empruntés sont moins importants - 169 920 € au quatrième trimestre contre 173 000 € au 1er trimestre. Les préteurs, mais aussi les emprunteurs, semblent faire ainsi preuve de plus de prudence.
Au final, la fin du PTZ+ dans l’ancien devrait avoir un effet négatif sur la demande, qui devrait se traduire dans les prix, qui pourraient baisser en 2012. « Une baisse des prix de 5 % en moyenne en 2012 compenserait une hausse des taux de 0,50 point, maintenant un pouvoir d'achat immobilier stable, en moyenne de 48 m² pour 1 000 € de mensualité sur 20 ans» calcule Hervé Hatt. Le courtier table ainsi sur une augmentation graduelle mais raisonnable des taux en 2012, lesquels devraient malgré tout rester à des niveaux favorables à l’accession.
