La fin du triple A est appréciée différemment selon les courtiers en crédit immobilier. Pour un certain nombre, cette dégradation pourrait avoir un effet haussier sur les taux de prêt immobilier.
Quelle vont être les conséquences sur le marché de l’immobilier de la perte du triple A, annoncée vendredi par Standard&Poor’s ? Les courtiers en crédit immobilier interrogés cette semaine diffèrent sur les conséquences d’une perte du Triple AAA sur le marché des crédits immobiliers.
1% de hausse des taux pour Cafpi, 0.5% pour Empruntis
Chez Cafpi, Philippe Taboret se montre pessimiste sur les effets de la dégradation sur les taux de crédit immobilier. « Je pronostique une augmentation effective, mais relative, d’un point, faisant passer le taux moyen de 4% à 5% sur les taux fixes » parie-t-il.
Pour Maël Bernier, cette dégradation « se répercutera sur les taux de façon domino. Car si un Etat emprunte plus cher, on fait moins confiance aux banques de cet Etat. Du coup elles emprunteront plus cher et ceci se répercutera inéluctablement sur les taux des crédits immobiliers ». Elle prévoit non pas une remontée subite des taux de l’ordre de 100 points de base immédiatement, « mais plutôt une remontée de l’ordre de 50 points de base sur les 3-4 mois qui suivraient la dégradation ».
Meilleurtaux.com joue la prudence
Sandrine Allonier, directrice des études économiques de Meilleurtaux, se montre nettement plus prudente quant à un possible effet de la dégradation, estimant qu’il est assez dur de se prononcer sur les conséquences possibles de la perte du AAA. « Les taux de l’OAT ont été très volatils ces derniers mois, notamment en septembre-octobre. Ils étaient alors montés jusqu’à 4%. Une perte du triple A ne serait pas sans effet sur l’OAT. Après, les banques prennent en compte cette volatilité, mais ce n’est pas pour cela qu’elles remonteront de façon durable leurs taux » explique-t-elle.
Cette prudence est d’ailleurs partagée par Alban Lacondemine, président d’Emprunt Direct, qui pense pour sa part que la clé réside dans les stratégies à venir des établissements bancaires. « Je ne pense pas que les taux de l’OAT flambent dans les séances qui suivent la perte du AAA. Tout ceci a déjà été largement anticipé par les marchés. En revanche, l’inconnue réside plus du côté des banques, qui pourraient poursuivre leurs augmentations graduelles, et ce même si la dégradation n’avait aucun effet sur les rendements de l’OAT ».
Une crainte également évoquée par Jérôme Robin, président de Vousfinancer.com, pour qui la perte du AAA est probablement déjà intégrée : « maintenant, si celle-ci devenait effective, ceci se traduirait sans doute par une augmentation des taux, car à chaque fois que les banques peuvent répercuter une hausse, elles le font » prédit-il.
