Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier en crédit immobilier, pense que les taux restent très abordables, et qu’il est encore temps de s’endetter.
Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, pose la question dans une tribune : « Est-ce le moment d'acheter de l'immobilier ? » Etant donné que les prix sont clairement orientés à la baisse, certains pourraient être tentés de patienter quelques mois, selon le courtier « histoire que la modération ait achevé son œuvre ».
« S'agissant de l'immobilier, on ne dit pas l'essentiel : le temps de la négociation est revenu, au bénéfice des acquéreurs. Dans le neuf, les constructeurs ont anticipé et proposent des offres promotionnelles attrayantes. Quant aux crédits immobiliers, on entend un discours ronronnant, qui rassure certes, mais à courte vue » indique Philippe Taboret.
Si les observateurs, prêteurs, courtiers, économistes, indiquent que les taux sont restés bas, en ajoutant que les banques ont durci leurs exigences en termes d'apport et ne pratiquent plus les durées les plus longues, il faut selon lui relativiser, la situation restant pour lui « exceptionnelle ». « Tout conduit à penser qu'elle aura du mal à passer l'été, et qu'une remontée importante des taux est à prévoir. En outre, se pose la question, qu'on n'évoque même plus, de la notation de la France » indique-t-il.
La dégradation, une menace
« Notre pays, dégradé il y a quelques mois par l'une des trois agences de référence, est sous surveillance, et l'inquiétude est toujours de mise à cet égard. On sait que les plans de rigueur, déjà à l'œuvre ou à venir sous l'impulsion du prochain chef de l'Etat, ne suffiront pas à guérir le malade, et qu'il sera nécessaire que la croissance redonne de la vigueur à son organisme fatigué. Dès lors, (le fait) que les deux agences en reste, passé la trêve des élections présidentielles, s'alignent sur Standard and Poor's est probable » note le dirigeant de Cafpi.
Pour lui, cette probabilité rend « inévitable une remontée des taux au second semestre », sans doute appelés à atteindre les 5 % pour l'emprunteur final.
Il pense donc que s'endetter aujourd'hui « est préférable ». « Si l'on ajoute que le marché lui-même est favorable, il n'y a plus à attendre » note l’emprunteur. « Le message vaut d'ailleurs pour les acquéreurs, certes, mais aussi pour les vendeurs, qui sont souvent tentés de vouloir voir venir : le tempérament des prix et la détente des taux créent en ce moment une situation qu'on ne reverra peut-être pas avant longtemps » conclut le directeur général adjoint de Cafpi.
