«Créer de la mixité là où il n’y en avait pas»

Yvon Deschamps, président de Grand Lyon Habitat, nous parle de la transformation de la ZAC de Mermoz Nord, et de sa politique en matière de réhabilitation.

Que représente cette opération de Grand Lyon Habitat au sein de la ZAC de Mermoz Nord ?

Dans la ZAC Mermoz, nous avions 500 logements, dont 100% de logements sociaux. La restructuration de l’ensemble va nous permettre de passer de 500 logements sociaux à 270 environ. Seront construits 260 à 270 logements privés, en accession pour la plupart ou gérés par d’autres opérateurs privés. L’objectif, c’est de créer de la mixité là où il n’y en avait pas, créer une ambiance ville, là où les habitants avaient parfois l’impression qu’ils étaient aux marches de la ville. Là, nous voulons qu’ils soient pleinement dans la ville. Cela s’est accompagné par la destruction de l’autopont, de la restructuration de l’avenue Jean Mermoz. Il y a maintenant une belle entrée de ville, là où c’était avant embouteillages, fumées d’échappement, et autoroute. L’idée, c’est de refaire de la ville là où elle aurait dû toujours existé et où, hélas, elle n’existait pas.

L’objectif, c’est plus de mixité sociale, mais aussi plus de mixité fonctionnelle, avec la présence de bureaux…

Oui, il va y avoir un immeuble de bureaux. Nous ne savons pas encore qui va l’occuper, mais il sera dédié à cela. La proximité de l’avenue Jean Mermoz, l’A43 et le métro devraient être autant d’atouts qui devraient faciliter le démarrage de cet immeuble tertiaire. Il y a des équipements sociaux avec l’annexe du centre social Laënnec, que l’on a reconstruit. Nous allons également reconstruire une petite bibliothèque pour enfants qui s’appelle « la magie des livres ». Nous aurons donc des bâtiments à caractère socio-culturel, des bâtiments d’activités, du logement. Nous reconstruisons la ville dans son mélange des fonctions, dans sa pluralité.

Comment intervenez-vous dans cette ZAC ?

Nous sommes propriétaires du foncier et des bâtiments existants. L’aménageur de la ZAC, c’est le Grand Lyon. Avec 270 logements qui vont être recréés, nous sommes donc pour moitié responsable de cette ZAC.

Grand Lyon Habitat intervient sur d’autres secteurs, et notamment sur la Duchère et son Grand Projet de ville…

C’est un peu le même principe. On retrouve d’ailleurs Monsieur Vergely, architecte, qui a livré quelques immeubles à la Duchère, et qui en livre un ici. On essaie de trouver une certaine modernité architecturale. Ce qui est valable pour la Duchère l’est aussi pour Mermoz, et le sera pour d’autres secteurs que l’on est aussi en train d’aménager, comme le secteur Langlet Santy. Le huitième arrondissement comporte 35% à 37% de logements sociaux : c’est donc quelque chose d’important.

Comment Grand Lyon Habitat s’inscrit-il dans le plan climat ?

Nous sommes un peu les promoteurs de toutes les études qui ont amené le plan climat du Grand Lyon. C’est à Grand Lyon Habitat que, dans les années 2002-2003, nous avons bâti les référentiels qui ont servi de base pour la Région et le Grand Lyon dans la définition des référentiels thermiques. Depuis cette période, nous ne faisons plus rien qui ne soit pas HQE ou, comme on le dit maintenant BBC. Nous avons, dans le cinquième arrondissement de Lyon, un immeuble passif qui est en train de se construire. Nous voulons être à la pointe de tous ces aspects. La raison principale, c’est évidemment pour lutter contre la pollution, mais c’est aussi pour le porte monnaie de nos locataires. Avec la montée des cours du pétrole, les charges de chauffage prennent des proportions difficilement supportables par les locataires. Chaque fois que l’on peut mettre de l’eau chaude sanitaire solaire ou mettre des panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité et la revendre à EDF, on le fait. Cela permet de faire diminuer les charges des locataires.

Avez-vous des objectifs chiffrés, à la fois de réduction de gaz à effet de serre et de charges locatives?

C’est extrêmement difficile à évaluer. Lorsque nous avions truffé de panneaux solaires les toits de la Darnaise à Vénissieux, on à pu dire au locataire qu’ils allaient avoir une économie sur l’eau chaude sanitaire et l’électricité de l’ordre de 30%. Le problème, c’est que le cours du pétrole a flambé et les locataires sont, du coup, restés au même niveau de charges. Ces opérations ont néanmoins permis d’évacuer l’augmentation du prix du chauffage et de l’électricité.






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