Philippe Pelletier est le Président du Plan Bâtiment Durable au Cluster Rhône-Alpes Eco-Energies.
Philippe Pelletier, vous présidez le Plan Bâtiment Durable au Cluster Rhône-Alpes Eco-Energies. Un dispositif s’est mis en place depuis quelques mois, qui semble assez complet. Or l’objectif de 500.000 logements à rénover par an semble assez lointain. Que manque-t-il pour qu’il soit réellement à portée de main ?
Philippe Pelletier: Je pense que l’on est à un moment, en cette année 2014, où l’on va voir clair dans ce programme. Tous les outils pour que s’engage, en masse, une rénovation énergétique de nos bâtiments sont en place : les outils juridiques pour rendre possible la prise de décision dans les copropriétés, les outils financiers pour adapter les dispositifs d’aide d’hier et les rendre efficaces. En ce qui concerne l’objectif de 500.000 logements à rénover par an, l’Etat a produit un gros accompagnement des ménages pour accompagner leur information, et les mettre en situation de prendre la décision.
Maintenant, il faut me semble-t-il, pour réaliser cet objectif, changer assez sensiblement de façon de faire. Ce n’est pas à partir d’un modèle national que l’on va emporter l’ensemble des ménages et des entreprises dans la rénovation énergétique des bâtiments. Il faut des ingrédients locaux. Ce sont des entreprises qui se présentent ensemble au marché et qui répondent aux attentes des ménages. Ce sont également des collectivités territoriales qui s’approprient toutes le sujet.
Il y a des particularités spécifiques locales et il faut en tenir compte. Nous sommes encore dans du droit souple, c’est-à-dire un encadrement juridique fait pour donner envie, pour favoriser le mouvement, impulser une dynamique, plus que pour obliger et sanctionner. C’est en suscitant une adhésion de la société à ce projet que l’on apprendra à être efficaces. L’objectif des 500.000 logements est ambitieux, mais à notre portée. Il ne faut pas désespérer de notre capacité collective à se saisir de ce sujet.
»"Les gestionnaires de copropriétés devront se former" (sur Enviscope.com)
