Fédérations, réseaux d’agences : nombre d’acteurs de la chaine immobilière poussent pour une modification de la loi ALUR.
La FNAIM et le SNPI, deux organisations représentatives des réseaux d’agences immobilières, ont, à deux jours de la présentation par Sylvia Pinel de ses mesures pour relancer la construction de logements, communiqué ensemble contre la Loi ALUR.« La loi ALUR fait enfin l‘unanimité... contre elle et sur le constat de ses effets dévastateurs et bloquants au regard de la fluidité du marché de l’immobilier avec pour conséquence principale la fuite des investisseurs français et étrangers de ce secteur d’activité.Dans les prochains jours, le Gouvernement devrait publier deux décrets ; le premier concernera la constitution du Conseil National de la Transaction et de la Gestion Immobilières (CNTGI), le second fixera les conditions financières des honoraires de location payés par les candidats locataires » ont indiqué la SNPI et la FNAIM dans un communiqué commun.
Sur ce dernier point, les deux organisations sont particulièrement inquiètes. « Les chiffres qui circulent actuellement sur le montant des honoraires de location, même s'ils sont plus importants qu’au début des négociations, sont malgré tout toujours trop faibles pour assurer une rentabilité suffisante aux professionnels. La conséquence première sera le recours à de nombreux licenciements au sein des agences immobilières dès la rentrée de septembre.Cette volonté gouvernementale d’intervenir directement pour définir les marges économiques de nos métiers n'existe nulle part ailleurs dans l'univers des commerçants... et sera très préjudiciable à tout notre secteur d'activité. Nous rappelons que le recours à un professionnel n’est pas obligatoire et que le consommateur a donc le choix de payer ou non un service de qualité » ont indiqué le SNPI et la FNAIM dans leur communiqué. Indiquant en outre que « tout le monde s’accorde à dire que sur le plan financier cette loi est une hérésie, y compris dans certains cabinets ministériels ».
"Nier la valeur ajoutée"
Même les réseaux d’agences sont toujours vent debout contre cette loi, à l’image de Laforêt. « Si certaines mesures répondent à des objectifs de professionnalisation du métier d’agent immobilier, et doivent donc être soutenues, le plafonnement des honoraires pour l’activité de location revient tout simplement à nier la valeur ajoutée de notre profession, à affaiblir un grand nombre d’agences et à détruire des emplois » s’indigne Elix Rizkallah, le président du Réseau. « Tout comme l’encadrement des loyers ou la Garantie Universelle de Loyers, le plafonnement des honoraires de location met en péril le fonctionnement des agences immobilières dans leur majorité, déjà affaiblies dans un contexte économique difficile. Par ailleurs, le recours à un agent immobilier restant facultatif, il n’y a aucune raison pour que les honoraires ne soient plus déterminés librement par le jeu de la concurrence» indique le dirigeant dans un communiqué.
La Chambre des propriétaires s'est également fendue d'un communiqué avant la présentation des 50 mesures demain. Elle propose notamment l’instauration d’un « pacte de responsabilité » entre l’Etat et les propriétaires, dont l'un des points essentiels serait l’aménagement des mesures de la loi ALUR jugées par la Chambre comme les plus « anti-propriétaires », comme l'encadrement des loyers ou la restitution du dépôt de garantie. Reste à savoir si la nouvelle ministre entendra propriétaires et professionnels. Réponse demain.
