Alors que l’activité dans la construction est au plus bas, la FFB demande qu’un ajustement du cadre d’application du compte de pénibilité soit mis en œuvre, refusé par Matignon.
La FFB veut des ajustements dans le compte pénibilité. Hier encore, la fédération du bâtiment rappelait qu’elle comptait sur une simplification du dispositif du « compte personnel de pénibilité » pour le Bâtiment. « Pensez-vous que la fiche pénibilité nous aidera à recruter des jeunes, comme nous le demande le gouvernement ? » interrogeait la FFB, en indiquant que le Conseil de la simplification avait rendu un premier avis sur la mise en œuvre de ce compte.
Celui-ci soulignait qu’il « demeure un dispositif complexe dans son application », et préconisait que « des études d’impact soient lancées branche par branche et métiers par métiers, afin que soit évalué et ajusté au cas par cas le cadre d’application de ce dispositif ».
Mais cette hypothèse semble aujourd’hui improbable. « Le gouvernement a balayé d’un revers de la main cette demande ! La FFB plaide pour cette expérimentation depuis des mois, tant auprès du ministre du Travail qu’à Matignon » a noté la fédération, qui a recueilli depuis le 21 mai, 83 243 signatures sur 210 000 entrepreneurs-employeurs du secteur sollicités à travers une pétition. Ceci exprime pour la FFB « le refus par les artisans et entrepreneurs de Bâtiment d’un dispositif complexe et coûteux, qui va être destructeur d’emplois et un frein à la prévention ».
Le « Casse-tête d’une telle mesure »
La fédération avait même invité Michel de Virville, chargé de la mise en œuvre opérationnelle du compte à venir sur un chantier « pour se rendre compte par lui-même de l’incroyable casse-tête d’une telle mesure dans notre secteur ». Mais celui-ci a, selon la FFB, refusé cette invitation.
Jacques Chanut, Président de la Fédération Française du Bâtiment, le rencontrait de nouveau ce matin, en compagnie de Bruno Dumas, Président de la Commission des Affaires Sociales, pour faire entendre à nouveau les raisons pour lesquelles le Bâtiment s’oppose à la mise en œuvre du compte Pénibilité : insécurité juridique, risque de zizanie qu’il fait naître sur les chantiers, conséquences sur l’emploi, en favorisant le recours à une main d’œuvre à bas coût.
Mais cette rencontre n’a pas débloqué la situation, notamment concernant l’expérimentation et le report pour évaluer l’impact réel de la mesure, tous deux préconisés par le conseil de la simplification. A l’issue de ce rendez-vous, Jacques Chanut ne cachait pas son étonnement: « à l’heure où le gouvernement annonce des mesures de simplification, c’est un mauvais signe adressé aux artisans et entrepreneurs ! Ce matin, Michel de Virville nous a écoutés mais nous a-t-il entendus ? ».
