Les réseaux Orpi et Laforêt ont récemment communiqué sur le plan de relance du logement, qu'ils jugent trop frileux dans l’immobilier ancien.
Le réseau d’agences Orpi communiquait vendredi sur des chiffres de transactions en nette baisse entre le premier et deuxième trimestre. Et n’hésite pas à parler de « blocage du marché », qui est selon le réseau lisible dans l’augmentation significative des délais. Ces derniers ont passé la barre des 100 jours sur les 8 premiers mois de l’année.
« L’état de santé du marché immobilier est également révélé par le délai de concrétisation des ventes. Entre le début avril et aujourd’hui, celui-ci est passé de moins de 7 jours à plusieurs semaines, du fait du nombre croissant de documents à rassembler pour la signature d’un avant-contrat de vente de bien en copropriété. Or, si le délai de concrétisation de la vente augmente, le vendeur – qui est aussi un acheteur – voit son délai de rachat s’allonger d’autant » note Orpi.
L’ancien oublié ?
Le réseau constate que la baisse des taux n’a pas eu d’effet sur la demande. Pour Orpi, « le marché reste grippé, car les conditions d’octroi de ces crédits sont difficiles. Les primo-accédants et les ménages les plus modestes sont écartés et les biens de moins bonne qualité restent sur le marché faute d’acquéreurs ». Une situation qui a tendance à ne pas faire baisser la pression sur les prix, qui continuent à se maintenir. Dans les biens vendus via le réseau, les prix des appartements ont progressé de 0,5% et ceux des maisons de 2,7% en moyenne. Parallèlement à cette difficulté d’accession à la propriété, les demandes de location explosent, selon lui.
Le marché de la transaction immobilière est donc en proie à une inquiétude que les récentes annonces gouvernementales n’ont pas contribué à apaiser. Chez Orpi, on est en effet déçu par le récent plan de relance du logement, lequel concernait peu le marché de l’ancien. « 95% des mesures annoncées par Monsieur Valls fin août concernent le neuf. A minima, ces mesures porteront effet en 2018 ou 2019. Entretemps, la crise sera toujours là » indique Bernard Cadeau, le président du réseau.
Et Elix Rizkallah, président du réseau d’agences franchisées Laforêt, est sur la même ligne. «Nous sommes très inquiets quant aux mois à venir, malgré les nombreuses alertes émises par les professionnels, le gouvernement persiste à ne pas tenir compte du marché « immédiat », celui de l'immobilier ancien, en ne s'intéressant qu'à la problématique de la construction de logements neufs. Ce plan de relance de la construction de logements neufs ne portera ses fruits que dans plusieurs années. Pourquoi ne pas étendre le dispositif fiscal d'investissement locatif sur le neuf à l'ancien ? »
« Confusion » sur l’encadrement
Laforêt s’inquiète également de la « confusion » perçue récemment à l’occasion des annonces sur la limitation à Paris de la mesure d’encadrement des loyers. Le réseau réclame ainsi « une clarification rapide ».
« Le 31 juillet dernier était publié le décret définissant les 28 agglomérations concernées par l'encadrement des loyers. Moins d'un mois plus tard, le Premier ministre enterre quasiment la mesure en la limitant à Paris dans un cadre expérimental. Quelques jours après, le Premier ministre donne son accord pour la mise en place d'un encadrement des loyers dans la ville de Lille. Depuis, une série de communes et agglomérations de toutes tailles ont manifesté leur volonté de mettre en place un dispositif semblable. Ces revirements ne font qu'obscurcir la question de l'investissement locatif en France» déclare Yann Jehanno, Directeur Exécutif de Laforêt.
Son président lance également une alerte sur les difficultés à venir du secteur. Celui-ci entame selon lui la rentrée dans le trouble, « avec un grand nombre de défections, d'entreprises fragilisées et d'emplois menacés ». « Nous appelons le gouvernement à revenir sur le plafonnement des honoraires de location dont les conséquences économiques seront dévastatrices pour de nombreuses agences immobilières» prévient Elix Rizkallah.
