Le président du Grand Lyon, Gérard Collomb a fait dans son discours d’accueil du congrès 2014 de l’Union Sociale pour l’Habitat, l'apologie de la politique lyonnaise en matière de logement.
La 75ème édition du congrès de l’Union Sociale pour l’Habitat s’est ouverte ce matin, avec les discours introductifs de Jean Louis Dumont, le président de l’USH, et de Sylvia Pinel. D’emblée il a estimé que l’habitat et le logement doivent forcement être au cœur même de toute politique « qu’elle soit locale ou qu’elle soit nationale ». Il a rappelé l’action de la communauté urbaine dans ces domaines. « Aujourd’hui, dans notre société, les fractures sociales sont d’abord des fractures spatiales. C’est parce que nous avons cette pensée-là à Lyon, que nous avons beaucoup investi dans le logement, dans l’habitat pour construire un cadre de vie et remodeler la ville».
Le président du Grand Lyon a ainsi rappelé que la communauté urbaine avait investi pour réduire ces fractures, en multipliant par 7 le budget du logement social, lequel s’élevait à 92 millions en 2013, alors que celui-ci n’était que de 15 millions d’euros en 2001. Le nombre de logement sociaux créé dans le Grand Lyon s’est ainsi élevé sur à 41000 logements sociaux sur la période, sur un total de 105.000 logements.
Il a souligné que l’effort a été autant qualitatif que quantitatif, avec un rythme de production de 9000 logements et un effort de mixité sociale dans le développement des nouveaux quartiers. Il a notamment cité les efforts réalisés dans des quartiers comme la Duchère. « Détruisant barres et tours devenues obsolètes, ramenant dans les quartiers populaires des couches moyennes par des programme d’accession à la propriété ».
Il a en outre cité la Confluence, « vitrine de la ville où nous avons réalisé 25% de logements sociaux d’une qualité telle que personne ne peut dire en voyant le quartier quel programme est de logement social ou lequel ne l’est pas » Pour le maire de Lyon, il est ainsi important de travailler sur le bâti ancien pour rénover les logements et les conventionner. « C’est évidemment là que se trouve la ressource la plus importante », indiquant qu’il est « aussi important de travailler sur le stock que sur le flux ».
Le maire de Lyon s’est par la suite félicité du travail partenarial entre organismes sociaux et promoteurs, qui a notamment abouti à ce qu’une part importante de logement sociaux (50%) soient produits en VEFA.
"Parce qu’ils ont brisé la confiance, beaucoup des décrets et lois ont été inefficaces"
Gérard Collomb s’est ensuite félicité du changement de cap opéré depuis quelques mois. « On voit bien a contrario, au niveau national, ce que les crispations peuvent provoquer. Car chers amis, si on peut être d’accord ou non avec telle ou telle mesure, il faut regarder la réalité en face : parce qu’ils ont brisé la confiance, beaucoup des décrets et lois pris ces deux dernières années en matière de logement ont été inefficaces, voire contre-productifs. On a vu combien les rigidités pouvaient conduire à des rigidités grandissantes. De 421 000 logements produits en 2011, on est ainsi passé à moins de 310 000 ces douze derniers mois, alors même qu’il faudrait en construire 500 000 par an. Et, parce que la production privée décroît, celle de logements sociaux est également en grande difficulté sur le début de l’année 2014» a noté le maire.
Gérard Collomb souhaite une simplification des normes, qui alourdissent le cout de construction, Il a ainsi rappelé qu’avec la multiplication des recours, le service juridique du Grand Lyon avait été doublé en quelques années.
Dans le domaine du logement et de l’habitat en particulier, qui est, je l’ai dit au début de mon discours, le ba-a-ba de toute action politique, il ne peut être au travers des politiques de la ville, une nouvelle fois la variable d’ajustement des politiques gouvernementales. Parce que derrière ces politiques là ce qui est en cause, c’est des centaines de milliers de mal logés, parce que derrière ces politiques là ; c’est l’avenir de territoire qui continuent à se précariser et parfois à se ghettoïser, parce que derrières ces politiques là c’est le risque de dislocation de la France qui grandit » a conclu Gérard Collomb.
Jean Louis Dumont a ensuite pris le relais de Gérard Collomb, félicitant le maire de Lyon pour son plaidoyer : « Qu’un maire élu, réélu, à nouveau réélu, soit un maire bâtisseur, c’est une grande leçon, merci à toi». « Ici on construit, ici on réhabilite, ici on a des projets… Ici pour le Mouvement Hlm, c’est un territoire exemplaire » a indiqué Jean Louis Dumont.
