Dans une interview à Lyon Capitale, l’ex-vice-président à la Maétropole de Lyon indique les raisons qui l’ont poussé à la démission.
L’ex-vice-président à la Métropole de Lyon en charge du logement, Olivier Brachet, est revenu, dans une interview à Lyon Capitale, sur les raisons qui l’ont poussé à la démission. Il a expliqué que Gérard Collomb lui avait demandé de réaliser des efforts financiers importants, dans un contexte où la baisse des budgets touchait toutes les vice-présidences. « Ma position est de ne pas en faire. (…) Je m'entête là-dessus mais pour sortir de la crise du logement, il faut maintenir un haut niveau d'effort pendant 10 à 15 ans. Si on baisse les bras au bout de 8 ans, on ne peut pas dire que le logement est une priorité » indique l’élu dans cette interview.
Il a également pointé le budget alloué au foncier, et indiqué qu’il ne pouvait pas, dans le domaine du logement, faire mieux avec moins d'argent, dans un contexte où le prix des terrains est plutôt en hausse. « Lors du mandat précédent, j'ai connu des années à 25 millions d'euros pour acheter des terrains et sur ce mandat, on tombe à 12 millions » indique l’élu, qui souligne que dans certaines grandes villes, comme Paris, ce budget allait être en hausse sur le mandat.
Problème de gouvernance
Il pointe également la gouvernance de la Métropole, avec un arbitrage réalisé sans concertation avec les vice-présidents. « J'ai découvert mon budget une fois qu'il a eu été tranché. À quoi sert d'être vice-président de la métropole dans ces conditions » a expliqué Olivier Brachet. « Les vice-présidents font tourner la machine mais ne décide pas de la machine. Pourtant avec la création de la métropole, le rôle des élus devrait changer par rapport à l'intercommunalité que nous avions connu » poursuit-il.
Il explique également « un raidissement du discours sur la question sociale ». « Tous les gens au RSA ne sont pas des fainéants comme je peux l'entendre à la métropole. Ceux qui vivent dans des logements sociaux ne sont pas des gens qui ne veulent pas payer de loyer » fustige l’ex directeur de campagne de Gérard Collomb. Pour lui, ce sont le social et le rôle de l'élu qui sont au final « les grands absents de la métropole » conclut-il.
Les réactions à la démission d’Olivier Brachet ont été nombreuses. Après Nathalie Perrin Gilbert et Michel Havard lundi, François Noël Buffet, Sénateur-Maire d’Oullins, conseiller métropolitain et ancien Président du groupe UMP du Grand Lyon, a lui aussi regretté mardi dans un communiqué le départ d’Olivier Brachet de la Métropole.
« Olivier Brachet est un homme de conviction avec qui je partageais un certain nombre de points de vue » a indiqué François Noël Buffet, pointant lui aussi « les problèmes de gouvernance du Président de la Métropole que nous avons maintes fois dénoncés ».
