Les efforts en matière de politique de la ville ont eu des effets positifs, mais ont été contrecarrés par les effets négatifs liés à la crise économique.
Les efforts de mixité sociale de la part de la ville n’ont pas « égalisé » la précarité sur tout le territoire de l’agglomération lyonnaise. « Le parc HLM le plus social a toujours vocation à loger les personnes les plus pauvres. Et il reste concentré dans certains territoires » note Pascal Oger, directeur de l’INSEE Rhône-Alpes.
Les programmes de renouvellement urbain n’ont donc pas eu un effet massif sur la carte de la précarité. « Des opérations de rénovation urbaines importantes, avec destruction de barres ou autres, finissent par avoir un effet dans les statistiques. Mais il faut vraiment énormément d’efforts pour les voir dans les statistiques, compte tenu de l’état initial de la situation » indique Pascal Oger.
« Les stocks sont ainsi faits que même la destruction de quelques barres ne modifie pas la concentration du parc social. Quels que soient les efforts de mixité sociale que l’on fait et y compris quand ont produit des programmes de logements intermédiaires destinés aux classes moyennes dans les quartiers difficiles, il reste la masse des logements très sociaux existants où continuent à habiter les populations les plus précaires. Comme toujours en matière sociale, l’inertie des situations reste énorme, quels que soient l’ampleur des efforts financiers de la puissance publique. Quand en plus, on est dans une situation de crise économique, avec le développement d’un chômage de longue durée, cela l’emporte sur les efforts que l’on essaie de faire.»
Le stock d’habitat social l’emporte donc pour l’heure sur le flux de nouveaux logements destinés à de nouvelles populations intermédiaires. Les opérations de rénovation urbaine doivent être importantes pour que cela ait un impact. « Il faut énormément d’effort pour que cela se voit dans les statistiques» note Pascal Oger, directeur de l’INSEE Rhône-Alpes.
