Emmanuelle Cosse et Hélène Geoffroy seront présentes. Gérard Collomb a regretté n’avoir été informé que par la presse de la tenue de ce Comité Interministériel.
Après une première édition organisée à Matignon, et une seconde aux Mureaux, un 3ème Comité Interministériel à l’Egalité et à la Citoyenneté se tiendra mercredi à Vaulx-en-Velin. Seront notamment présents Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Myriam El Khomri, ministre du Travail et de l'Emploi, Emmanuelle Cosse, ministre du Logement mais aussi Audrey Azoulay, ministre de la Culture, Laurence Rossignol, ministre des Familles, Annick Girardin, ministre de la Fonction publique, et Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Plusieurs secrétaires d’Etat participeront également à ce comité, dont deux ministres « locaux »: Hélène Geoffroy, secrétaire d’État chargée de la Ville et Thierry Braillard, secrétaire d'État chargé des Sports.
Gérard Collomb irrité
Un bilan actualisé de la mise en œuvre des mesures en faveur de l’égalité et la citoyenneté sera dressé, et de nouveaux engagements seront pris. Ce CIEC sera précédé d’ateliers participatifs où seront mises en débat les propositions déposées par les citoyens sur le site : égalite-citoyennete-participez.fr. Ces débats seront restitués lors de la séance plénière en présence du Premier ministre. Le comité interministériel permettra ainsi de mettre en perspective le projet de loi « Egalité et citoyenneté » présenté en Conseil des ministres, le même jour.
L’organisation de cet évènement a irrité le Président de la Métropole de Lyon, Gérard Collomb. Celui-ci a vivement regretté dans un communiqué « de n’avoir appris que par la presse la tenue de ce CIEC ».
« L’action de la Métropole est pourtant souvent citée en exemple pour ce qui est des opérations de rénovation urbaine, de politique de la ville, et plus généralement d’une vraie volonté de rétablir une mixité sociale à l’échelle de l’agglomération. En un temps où l’on constate à quelles dérives peut conduire un repli sur soi né de la ségrégation urbaine, la volonté constante de la Métropole de Lyon a toujours été, en effet, de tout mettre en œuvre pour permettre aux quartiers populaires de notre agglomération de trouver une dynamique nouvelle » souligne l’édile.
L’exemple du Carré de Soie
Prenant l’exemple de Vaulx-en-Velin, il rappelle le travail effectué au sein de la Métropole sur ces thématiques, via « des politiques économiques visant à l’installation de nouvelles entreprises, par des politiques de transports en commun reliant communes et quartiers de la périphérie au cœur de l’agglomération, par une nouvelle qualité architecturale des bâtiments reconstruits ou rénovés, par une exigence nouvelle pour les espaces publics ».
Il rappelle notamment la transformation de la ville de Vaulx-en-Velin, via notamment le projet Carré de Soie « En en peu plus d’une décennie, nous l’avons totalement transformé. Nous avons relié ce quartier à la presqu’île avec la prolongation du métro, à la Part Dieu avec la construction du tramway. Nous y avons implanté un centre commercial à l’esthétique nouvelle, lancé le Projet d’Aménagement d’Ensemble Tase qui a permis d’accueillir 1 500 habitants dans un cadre de vie agréable auprès de la promenade du Canal de Jonage et d’un hippodrome requalifié. Parce que nous avions un projet ambitieux, de grandes entreprises sont venues s’y installer : Technip, Veolia, Alstom Transport, un pôle de coopération et de finance éthique, le Woopa, bientôt Adecco, avec près de 1 000 emplois. Bref, ce quartier a retrouvé une nouvelle vie ».
Quels financements pour le renouvellement urbain ?
Mais le communiqué du président de la Métropole était aussi l’occasion de rappeler les enjeux en termes de renouvellement urbain dans l’agglomération. La Métropole de Lyon a en effet élaboré 14 projets présentés à l’ANRU, dont 8 sites d’intérêt national (Bron Parilly, Bron Terraillon Chenier, La Duchère secteur Sauvegarde-Chateau, Rillieux la Pape Ville Nouvelle, Saint Fons Vénissieux Minguettes-Clochettes, Vaulx-en-Velin Grande Île, Villeurbanne Les Buers Nord et Villeurbanne Saint Jean), et 6 sites d’intérêt régional (Givors Les Vernes, Givors Centre-Ville, Lyon 8ème Langlet Santy, Lyon 8ème Mermoz sud, Saint Fons Arsenal Carnot Parmentier, et Saint Priest Bellevue).
La Métropole attend donc de savoir quelle seront les montants de la participation de l’État pour le second Programme de Rénovation Urbaine (2014–2024). Pour la première phase du PNRU (2004-2014), le financement de l’État s’était élevé à 316 millions d’euros. Et Gérard Collomb indique dans son communiqué attendre « au moins autant » pour cette seconde phase. Il n’hésite pas à mettre la pression sur le gouvernement : « c’est en effet à l’aune de ce financement que l’on pourra juger de la volonté du gouvernement de promouvoir dans l’agglomération lyonnaise une ‘égalité réelle’ pour reprendre des termes aujourd’hui utilisés. C’est par un travail de fond et par lui seul que l’on pourra redonner partout un sens à la Citoyenneté ».
