<p>(SDH/LPI)</p>
La CAPEB a fait état jeudi d’une amélioration de l’activité des artisans du bâtiment au premier trimestre 2016. Une première depuis 15 trimestres.
Le secteur l’artisanat commence à voir le bout du tunnel. La reprise des mises en chantier, qui a commencé à poindre il y a quelques mois, commence à avoir un impact sur l’activité de l’artisanat du bâtiment. La croissance atteint ainsi 1% au premier trimestre 2016 après 15 trimestres de baisse consécutifs. ¨L’amélioration est donc la bienvenue pour le secteur, après 3 années qui avaient débuté par une baisse de l’activité (-3 % en 2013, -1,5 % en 2014, -3 % en 2015).
Le secteur tire parti de la reprise amorcée dans la construction neuve (+1,5 % en volume), de la hausse du volume de mise en chantier (+2,5 % fin février) et de la croissance des ventes de logements neufs (+8,1 % au 4eT2015 par rapport au 4eT2014). Elle tire bénéficie également de la progression de l’activité en entretien-rénovation (+0,5 % au 1erT2016). « Le neuf bénéficie du dynamisme du logement collectif (+7,1 % sur un an), à l’inverse des logements individuels purs ou groupés et des logements en résidence, en recul sur la même période » analyse la CAPEB.
Des segments en plus forte croissance
Le gros œuvre bénéficie à plein de cette reprise. Car si l’ensemble des corps de métiers profite de la reprise, comprise entre 0,5 % et 1,5%, les travaux de maçonnerie affichent, comme au quatrième trimestre 2015, la plus forte activité, avec une croissance de 1,5%.
Patrick Liébus, Président de la CAPEB se veut néanmoins prudent. «Même si de nombreux indicateurs sont passés au vert, rien n’est acquis. Dans ce contexte, certaines dispositions du projet Sapin II sont extrêmement dangereuses. Elles porteront un gros coup à nos métiers, dans un secteur qui continue de souffrir de nombreux cas de concurrence déloyale » indique le responsable.
Il salue la prolongation du dispositif Pinel et le renforcement du PTZ+, mais ne veut pas pour l’heure relever les prévisions annuelles de la confédération. « les effets (de ces mesures, NDLR) ne nous permettent pas de revoir pour le moment à la hausse nos prévisions annuelles » indique Patrick Liebus.
La performance énergétique dope l’activité
Les travaux de performance énergétique ont boosté l’activité au quatrième trimestre 2015 : l’entretien-rénovation est en effet en progression de + 0,5 % sur le trimestre, porté par le dynamisme du marché de la performance énergétique. Là aussi, des mesures telles que le Crédit d’Impôt sur la Transition Énergétique (CITE), l’Eco PTZ, les travaux d’Amélioration de la Performance Énergétique des Logements (APEL) portent cette tendance, avec une augmentation de 1,5%, et ce en dépit de la baisse du coût de l’énergie.
Les travaux d’amélioration des performances énergétiques du logement représentent 26 % de l’activité de l’entretien-rénovation de l’artisanat du Bâtiment. Un segment dopé par les aides et subventions dont la part dans le financement des travaux a augmenté de 10 points en un an (21 % en janvier 2016 contre 11 % en janvier 2015). « Ces chiffres du premier trimestre 2016 tendent à démontrer l’efficacité des dispositifs d’incitations fiscales en vigueur » souligne la confédération.
La trésorerie des entreprises toujours sous tension
La trésorerie des entreprises du secteur reste toutefois tendue. Le solde d’opinion concernant l’évolution de celle-ci est certes supérieur à la moyenne de ces sept dernières années. Mais il demeure négatif au premier trimestre, avec 45 % des entreprises continuant de déclarer un besoin de trésorerie qui est en moyenne égal à 20 000 €. Les retards de paiement restent très fréquents, pour 78 % des entreprises et 42 % d’entre eux constatant une augmentation de ces retards. « Pour résoudre leur problème de trésorerie, plus d’une entreprise sur deux (52 %) comptent d’abord… sur leurs propres moyens, en procédant à des relances. Il est à noter que les besoins de trésorerie risquent, paradoxalement, d’augmenter si les perspectives d’amélioration de l’activité dans les mois à venir se confirment » alerte la CAPEB.
