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Le gouvernement a choisi, conformément à la recommandation de François Villeroy De Galhau, Gouverneur de la Banque de France, de maintenir à le taux du Livret A à son niveau actuel.
Le taux du livret A va rester stable en août prochain. Tous les six mois, se pose la question de la révision du taux de ce support d’épargne, le plus répandu chez les français. Et la baisse continue du taux d’inflation influence depuis plusieurs semestres l’orientation du taux de rémunération du livret A. Or avec un taux de 0,2 % sur un an en juin pour l'inflation hors tabac, qui sert de référence, le taux du livret aurait dû être abaisser à 0,50 %, si la formule de calcul prévue avait été appliquée.
Mais compte tenu du caractère exceptionnellement bas de ce niveau d'inflation, François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, a proposé au Gouvernement de déroger à la formule. Le Gouvernement a suivi cette proposition et décidé de maintenir à 0,75 % le taux du Livret A, « afin de maintenir un rendement satisfaisant pour les épargnants » a indiqué Bercy.
Baisse du taux du PEL
Le Gouverneur de la Banque de France a d’ailleurs proposé, dans un objectif de stabilité, que le taux reste inchangé en février prochain et que la formule de calcul du taux soit modifiée « afin de réduire la volatilité du taux du livret A ». Une double proposition accueillie positivement par le Gouvernement.
Si le taux du livret A reste inchangé, le Gouverneur de la Banque de France a proposé de baisser les taux des nouveaux plans d’épargne logement (PEL) ouverts à compter du 1er août, permettant aux épargnants d’emprunter à l’issue de la période de constitution de leur épargne à des taux plus faibles. Le taux de rémunération des épargnants par les banques lors de la phase d’épargne du PEL sera de 1 %, soit « un niveau cohérent avec celui des autres produits d’épargne existant sur le marché ainsi qu’avec la durée d’immobilisation de l’épargne (4 ans en règle générale pour le PEL) », indique Bercy, qui note que ces nouvelles règles permettront de conforter le positionnement du PEL « comme outil de la politique du logement et du soutien public à l’accession à la propriété ». Ces règles ne s’appliqueront qu’aux nouveaux PEL et ne concernent donc pas le stock de PEL existants.
Pour Michel Sapin, "le Gouvernement a souhaité maintenir une rémunération satisfaisante pour les épargnants. Par ailleurs, il fait baisser le taux des PEL ouverts à compter du 1er août, ce qui permettra à ceux qui les ouvrent d’emprunter moins cher pour leur logement".
Logique économique
Les courtiers ont immédiatement commenté ce mouvement. Selon Maël Bernier, Directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com, «cette baisse répond à une logique économique. Cependant, elle constitue un coup dur pour les épargnants modestes pour lesquels l’offre PEL était devenue un produit refuge depuis la dernière baisse du livret A en 2015 ».
Pour Sandrine Allonier, directrice des relations banques de Vousfinancer.com, « si dans le contexte actuel de taux historiquement bas, un taux à 2,2 % ne semble pas attractif, il faut rappeler qu'il y a 6 mois à peine, en janvier 2016, les taux de crédit immobilier étaient justement aux alentours de 2,2 % sur 15 ans ! Pouvoir emprunter à ce niveau de taux pourrait donc devenir très avantageux en cas de remontée des taux... Pour ceux qui ont un projet immobilier à moyen terme, souscrire un PEL est donc en quelque sorte une assurance contre de futures hausses de taux ! Et même s’ils décident de renoncer à ce prêt, c’est également le moyen de se constituer un apport en raison des versements réguliers imposés, ce qui est aujourd’hui un atout quand on veut devenir propriétaire… ».
