Le Parlement a adopté en cours de semaine dernière la réforme sur l’assurance emprunteur autorisant la résiliation annuelle. Une mesure qui pourrait avoir un impact positif pour l'emprunteur à court terme, mais plus négatif à moyen terme.
Le Parlement a adopté en cours de semaine dernière la réforme sur l’assurance emprunteur autorisant la résiliation annuelle. Cette mesure intervient après plusieurs soubresauts législatifs avec une censure par le Conseil constitutionnel dans le cadre de la loi Sapin 2. Au final, seront donc concernés les contrats de prêts signés à partir du 1er mars 2017, puis dans un second temps, à compter du 1er janvier 2018, tous les prêts en cours.
Pour les courtiers en crédit immobilier, cette nouvelle possibilité est une bonne nouvelle, et même pour Maël Bernier, Directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com « une véritable révolution dans le crédit immobilier car aujourd’hui à peine 12% des emprunteurs choisissent une autre assurance que celle de la banque pour leur crédit ».
« Cette possibilité de résiliation annuelle comme cela existe déjà pour les autres contrats d’assurance, va permettre aux détenteurs d’un crédit immobilier de faire réellement jouer la concurrence après l’obtention de leur prêt sans être coincés pendant l’ensemble de leur crédit avec une assurance au coût trop élevé », ajoute-t-elle.
Un emprunteur qui aura signé avec la banque pour l’assurance de son crédit immobilier pourra par la suite faire jouer la concurrence, en cherchant une assurance à garanties équivalentes mais au moindre coût auprès d’un autre assureur. Maël Bernier note que « les écarts de prix pouvant en effet varier du simple au quadruple entre les différents assureurs ».
Les banques vont-elles compenser le manque à gagner?
Mais d’autres intermédiaires soulignent que ce principe de résiliation annuelle de l’assurance emprunteur pourrait avoir des effets sur les taux du crédit à moyen terme. Selon Vousfinancer.com, « le fait que tous les contrats puissent être renégociés à partir du 1er janvier 2018 risque de peser sur la rentabilité des banques qui devront compenser le manque à gagner engendré, ce qui pourrait contribuer à la remontée des taux de crédit immobilier ».
Pour le président de l’intermédiaire, Jérôme Robin, « à court terme c’est une très bonne nouvelle, car cela va introduire davantage de concurrence sur le marché de l’assurance emprunteur détenu à 85 % par les banques via la souscription de leur assurance groupe. L’offre devrait être plus diversifiée, avec des tarifs en baisse et de meilleures garanties afin d’être plus attractive pour diminuer la probabilité de résiliation… Mais à moyen terme, le fait que le stock puisse être également résilié risque de peser sur la rentabilité des banques. En effet les emprunteurs concernés seront essentiellement ceux qui ont souscrit un crédit récemment, donc à des taux très bas tels que nous les connaissons depuis 4 ans, et sur lesquels les marges des banques pourraient devenir négatives a posteriori une fois l’assurance résiliée… Dans ce contexte, il est certain que les banques devront trouver le moyen de compenser le manque à gagner, ce qui pourrait contribuer à une remontée plus forte des taux de crédit alors même que depuis fin 2016, elles contiennent les hausses en ne répercutant que faiblement l’envolée des taux d’emprunt d’Etat… ».
