Après 10 trimestres de hausse continue, la fédération des promoteurs immobiliers a fait état hier d’un recul des ventes par rapport au deuxième trimestre de l’année précédente.
Le marché du logement neuf se porte bien. En témoigne les réservations des 12 derniers mois, qui, à 152 834 unités, sont toujours en nette hausse sur douze mois, de l’ordre de 12,4% par rapport aux 12 mois précédents. De même, les mises en vente, avec 111.605 lancements commerciaux, enregistrent une hausse de 5,5% sur la même période. Avec 37.387 lancements commerciaux au deuxième trimestre et près de 66.000 depuis le début de l’année, le nombre de logements mis en vente n’a jamais été aussi haut depuis la création de l’Observatoire FPI en 2010. « La profession est bien au rendez ‐ vous de la relance de la construction. La FPI reste néanmoins vigilante à certains signes qui reflètent une forme d’attentisme chez les acquéreurs », note la fédération.
La fédération a en effet fait part pour la première fois depuis 10 trimestres d’une baisse du nombre total de logements réservés au deuxième trimestre, avec 40 121 logements vendus au détail, en bloc ou en résidences gérées, en repli de 1,1% par rapport au deuxième trimestre 2016.
"Pas une surprise"
Ce sont les ventes au détail qui ont subi la baisse la plus importante, de l’ordre de 4,2 %, tant sur le front de l’accession à la propriété (‐6,4 %) que de la vente aux investisseurs (‐2,2 %). Seules les ventes en bloc, en hausse de 28,3 %, à 6.650 unités permettent de contenir le repli global des ventes, et notamment en Ile‐de‐France.
Cette baisse trimestrielle n’est « pas une surprise pour les promoteurs », note la FPI. « Ils constatent, ces dernières semaines, une forme d’attentisme chez leurs clients, directement lié aux incertitudes concernant les décisions gouvernementales à venir. En effet, le flou sur l’avenir des mécanismes de soutien (Pinel et PTZ, qui ont pourtant fait leurs preuves) et sur les contours du futur impôt sur la fortune immobilière (IFI), sape la confiance des acquéreurs », indique la fédération.
Seul élément positif découlant d’une offre dynamique et d’une demande anémiée : on observe une légère reconstitution de l’offre, de l’ordre de 4% pour les logements neufs disponibles à la vente. Le délai d’écoulement est même en hausse à 9,9 mois, contre 9 mois à fin mars.
Tension dans les métropoles
Mais une tension est observable dans certaines métropoles comme à Bordeaux (6,2 mois de stock) ou encore à Nantes (7,1). Si bien que les prix sont hausse de 1,6% par rapport au deuxième trimestre 2016, une progression plus marquée en en Ile‐de‐France (+0,3 %) qu’en « Province » (+2,9 %).
Selon Alexandra François‐Cuxac, présidente de la fédération des promoteurs, « ces tendances montrent que la relance de la construction appelle de la part de l’Etat, pour être effective et durable, trois actions complémentaires et simultanées : la solvabilisation de la demande, la libération de l’offre, ainsi qu’un choc de simplification. C’est sur ces trois axes que la FPI espère des initiatives fortes du Gouvernement ».
Si l’on cumule les six premiers mois de l’année, les réservations totales de logements neufs sont toutefois assez nettement supérieures (+5,3%) à celles des six premiers mois de 2016, soit un niveau historiquement haut.
Hausse des prix à Lyon
Les prix des logements neufs continuent de progresser, avec une hausse de 3,6% au deuxième trimestre à Lyon, à 4.031€ le m², contre 3.890€ le m² au deuxième trimestre 2016. C’est également le cas dans l’ensemble des grandes agglomérations d’Auvergne-Rhône-Alpes comme Clermont-Ferrand Métropole (+6.3% à 3.240€, contre 3.049 au deuxième trimestre 2016) ou Grenoble Métropole (+4.5% à 3.783€, contre 3.619€ au deuxième trimestre 2016).
